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Carnets d'un païen - Page 6

  • Jean Sévillia ou l'histoire bouffonne

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    Vous connaissez (ou pas) Jean Sévillia, ce journaliste du Figaro, qui fustige à longueur de page « l’historiquement correct » et le terrorisme intellectuel. Noble tâche que celle-ci…à condition, de ne pas promouvoir à son tour une vision partisane et idéologique de l’histoire.

    Or, l’œuvre de Jean Sévilia est marquée par une apologie constante du catholicisme, qui confine à la propagande. Réhabilitation forcenée du Moyen Age et de ses « lumières », défense de l’Inquisition (qui ne tuait pas grand monde, et pour cause, on condamnait fréquemment les hérétiques à la prison à vie, ou à un long pèlerinage, dont, souvent, on ne revenait pas.) etc, etc.

    Dernier article en date, dans le Figaro magazine de cette semaine (mon exercice de mithridatisation hebdomadaire), intitulé « Lumineux Moyen Age » (si si).

    Le brave homme commence par un magnifique enfonçage de porte ouverte, en dénonçant le célèbre délire de Michelet sur les prétendues terreurs de l’an Mille. Comme si une bourde d’un historien du 19ème siècle suffisait à faire du Moyen Age européen une période de lumière…

    Ce brillant raisonnement assené, notre ami journaliste (car Jean Sévilia n’a pas de formation d’historien, on peut le rappeler) en vient à un éloge en règle de l’an Mille, période de la « renaissance ottonienne » (vous n’en avez jamais entendu parler ? C’est normal.)

    Et alors là, tenez-vous bien. L’an mille, c’est une époque géniale, parce que c’est à ce moment que l’Europe de l’est est évangélisée. A grands coups d’épée dans la gueule, via des ordres militaro-religieux comme les sinistres chevaliers teutoniques, bien sûr, mais c’est un détail, que l’on oublie allègrement de rappeler. Toutes les méthodes sont bonnes pour faire triompher une religion d’amour, après tout.

    C’est aussi une époque pleine de savants et de génies comme Fulbert de Chartres ou Abbon de Fleury. Un obscur professeur et un théologien, qui n’ont pas inventé grand-chose, mais bon… Si le bonhomme vous en parle, acquiescez d’un signe de tête et prenez un air admiratif.

    Bref, vous l’aurez compris, le haut Moyen Age est lumineux, parce qu’à l’époque, on convertissait de force les populations d’Europe de l’est au christianisme, et que d’illustres inconnus s’intéressaient à la géométrie et pondaient d’indigestes traités de théologie. Voilà qui est intéressant.

    Les plus téméraires pourront approfondir la réflexion en s’attaquant aux œuvres complètes de l’auteur : celle consacrée à l’impératrice Zita (dont Jean Sévilia souhaite la béatification. Il préside même une association dédiée), ou encore le très bien nommé Historiquement Incorrect. Tout un programme…

     

  • Olive Ann Alcorn

    olive ann alcorn, nu, photoA l’heure où les dégénérés du milieu de la mode imposent des canons de beauté dignes des camps de concentration, avec à la clé des phénomènes délirants comme le thigh gap ou les pro-ana, il fait bon se rappeler qu’à une époque pas si lointaine, il pouvait exister des idéaux féminins ressemblant à quelque chose.

    J’en veux pour preuve, par exemple, les photos d’Olive Ann Alcorn (1900-1975), danseuse, modèle et actrice (elle a notamment joué avec Charlie Chaplin), essentiellement connue pour ses nus érotiques. On a beau dire, à la belle époque, en dépit de leur vilaine manie de s’étriper à la baïonnette et à coup d’armes chimiques, les hommes avaient un solide bon sens ! Cette fille est non seulement bien foutue, mais elle a une élégance folle et des moues absolument craquantes.

    Le reflexe pavlovien d’une bonne partie des gens, à la vue de ces photos, consiste à juger grosses ces pauvres filles des années 20, ce qui ne manque pas de sel dans des pays où l’obésité (la vraie) progresse à grands pas, avec l’aide de l’industrie agro-alimentaire.

    Plutôt que de bourrer le crâne des enfants avec la théorie du genre et l’histoire du Monomotapa, l’éducation nationale ferait bien d’enseigner aux adolescents à quel point les critères de beauté varient avec les époques ; à quel point ceux d’aujourd’hui sont factices, à quel point ils jurent avec ceux d’antan. Qui sait, ça éviterait peut être bien des névroses. Et, soyons fous, ça donnerait peut être aux jeunes une autre image de l’érotisme.

    Quelques photos de cette belle Olive, sur un blog consacré au nu artistique

    http://figure-drawings.blogspot.be/2012/03/olive-ann-alcorn-alta-technical-studies.html

    Des photos publiées dans un livre d'art (Alta Art Studies)

    http://historicalzg.piwigo.com/index?/search/1604

    Plus généralement, un site français consacré à la photographie érotique des années 1860-1930:

    http://mademoiselle-fernande.carino-mio.com/

     

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  • Les Belles Lettres

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     Si vous vous intéressez à l’antiquité, les éditions Les Belles Lettres ne vous sont sans doute pas inconnues. Principal éditeur français des textes antiques, elles sont en effet incontournables si vous ne voulez pas stagner à un niveau  historique digne de l’UMP (voir par exemple Darcos, grand passionné d’antiquité qui n’arrive pas à dire quoi que ce soit d’intéressant, de dérangeant. Son antiquité ne bouscule personne, c’est une Rome de musée, sans intérêt. Et encore, il est au dessus de la moyenne de ses collègues).

    La politique d’édition des Belles Lettres est néanmoins très curieuse. On a vu en première page du site un livre sur l’économie nazie. Aujourd’hui, c’est sur le Titanic. Parallèlement à ça, les lacunes du catalogue sont édifiantes : une recherche sur Pyrrhus, par exemple, ne donne rien. Sur la plupart des empereurs romains, pas de travail moderne disponible. Pour Néron, à part les textes antiques, on a deux romans historiques… Certains ouvrages de leur catalogue, aujourd’hui épuisés, ne sont pas réédités (je pense par exemple à l’ouvrage de Gilbert François, de 1957, traitant de l’usage du mot theos dans la littérature grecque préchrétienne, qui serait précieux pour éviter des erreurs de traduction et de compréhension monumentales, et démonter certaines récupérations idéologiques). Même les éditions d’auteurs antiques restent très incomplètes, et lorsqu’elles existent, sont souvent datées. Pas dérangés le moins du monde par ces vides aberrants, les cocos se mettent à éditer des classiques chinois.

    Bref, on a l’impression d’avoir affaire à un boulanger qui vend essentiellement des fruits et des légumes...

  • L'antisémitisme, son histoire et ses causes, de Bernard Lazarre

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    Etrange destin que celui du livre de Bernard Lazarre (écrivain d’origine juive, qui fut le premier à défendre Dreyfus) intitulé L’antisémitisme, son histoire et ses causes. Ecrit en réponse à Edouard Drumont (fameux antisémite catholique auquel on a dédié récemment un livre et un film ; curieuse médiatisation, qui contraste avec l’oubli généralisé dans lequel on tient soigneusement Bernard Lazarre, on se demande bien pourquoi) ce livre n’a guère été réédité, et lorsqu’il l’a été, ce fut presque toujours dans des librairies connotées d’extrême droite. Allez comprendre pourquoi…

    Sans résumer le contenu du livre, très compréhensible d’après le titre, et tout en regrettant que la question de l’antijudaïsme antique n’ait pas été mieux traitée (c’est toujours la même chose avec les livres qui couvrent un phénomène de l’antiquité à nos jours, l’antiquité est réduite à la portion congrue…) je vous laisse découvrir ces extraits issus de l’introduction et du premier chapitre.

     

    « Je n'approuve pas l'antisémitisme, c'est une conception étroite, médiocre et incomplète, mais j'ai tenté de l'expliquer. Il n'était pas né sans causes, j'ai cherché ces causes. Ai-je réussi à les déterminer? C'est à ceux qui liront ces pages d'en décider. Il m'a semblé qu'une opinion aussi universelle que l'antisémitisme, ayant fleuri dans tous les lieux et dans tous les temps, avant l'ère chrétienne et après, à Alexandrie, à Rome et à Antioche, en Arabie et en Perse, dans l'Europe du Moyen Âge et dans l'Europe moderne, en un mot, dans toutes les parties du monde où il y a eu et où il y a des Juifs, il m'a semblé qu'une telle opinion ne pouvait être le résultat d'une fantaisie et d'un caprice perpétuel, et qu'il devait y avoir à son éclosion et à sa permanence des raisons profondes et sérieuses. »

     

    « Si l'on veut faire une histoire complète de l'antisémitisme -- en n'oubliant aucune des manifestations de ce sentiment, en en suivant les phases diverses et les modifications -- il faut entreprendre l'histoire d'Israël depuis sa dispersion, ou, pour mieux dire, depuis les temps de son expansion hors du territoire de la Palestine. Partout où les Juifs, cessant d'être une nation prête à défendre sa liberté et son indépendance, se sont établis, partout s'est développé l'antisémitisme ou plutôt l'antijudaïsme, car antisémitisme est un mot mal choisi, qui n'a eu sa raison d'être que de notre temps, quand on a voulu élargir cette lutte du Juif et des peuples chrétiens, et lui donner une philosophie en même temps qu'une raison plus métaphysique que matérielle. Si cette hostilité, cette répugnance même, ne s'étaient exercées vis-à-vis des juifs qu'en un temps et en un pays, il serait facile de démêler les causes restreintes de ces colères ; mais cette race a été, au contraire, en butte à la haine de tous les peuples au milieu desquels elle s'est établie. Il faut donc, puisque les ennemis des Juifs appartenaient aux races les plus diverses, qu'ils vivaient dans des contrées fort éloignées les unes des autres, qu'ils étaient régis par des lois différentes, gouvernés par des principes opposés, qu'ils n'avaient ni les mêmes mœurs, ni les mêmes coutumes, qu'ils étaient animés d'esprits dissemblables ne leur permettant pas de juger également de toutes choses, il faut donc que les causes générales de l'antisémitisme aient toujours résidé en Israël même et non chez ceux qui le combattirent. »

     

  • Le pape françois à Lampedusa

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    François 1er (le pape, pas l’autre) est passé à Lampedusa récemment. Pas en tant que réfugié, rassurez-vous ! Il nous a joué une belle comédie socialote en moralisant ses brebis sur l’affaire des pauvres africains venus de loin. Il a dénoncé le culte du bien être et l’indifférence. C’est vrai que d’un point de vue chrétien, risquer sa vie (sacrée aux yeux de Dieu parait-il), juste pour vivre plus richement, c’est pas joli joli. Placer ses espoirs dans une vie meilleure (belle maison, belle bagnole, bonniche et cie, tout l’idéal du capitalisme quoi), sur cette terre, sans attendre l’au-delà, c’est pas super orthodoxe non plus. Mais où va-t-on, je vous le demande ? Ô tempora ô mores, j’en passe et des meilleures ! V’la pas que le pape passe l’arme à gauche ! Il est devenu communiste ou quoi ? Fin remarquez, il s’adresse aussi aux damnés de la terre. Au moins un point commun avec Marx. Ça marche à tous les coups ce truc là.

    Les chrétiens de la belle époque, ils partaient à l’aventure en terre sainte après avoir hypothéqué leurs biens. Mais si, les croisades merde, me dites pas que vous n’avez pas vu ça à l’école. Ils ont supprimé Napoléon du programme ou quoi ? Ah ok, pardon. Enfin, avouez que ça a plus de gueule de risquer tout ce qu’on a pour défendre son idéal les armes à la main, plutôt que de donner 1000 balles à la mafia pour devenir pizzaiolo à Nantes ou à Marseille. Chaque époque a les idéaux qu’elle mérite, pas vrai ?