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Carnets d'un païen

  • Législatives, magouilles et compagnie

    législatives 2017,magouilles,en marche,république en marche,bayrou,ferrand,cédric villani,mathématicien,sophistes,médaille fields,mélanchon,nouveauté,jeunisme,recyclage,cuisine politicienne,edouard philippe,société civile,changementC’est plus fort que moi : je me méfie comme de la peste des gens qui vantent le changement et la nouveauté. Je sais, ce n’est pas Charlie du tout, mais faut voir les choses en face, c’est quasiment un label d’escroquerie. Les législatives 2017 en sont un magnifique exemple. On nous promet à grands cris un renouveau de la vie politique, pour arriver à quoi ? La magouille, la cuisine politicienne la plus ordinaire et la plus mesquine, celle dont on soupe depuis toujours.


    Au programme : tractations actives pour savoir quel premier ministre sera le plus rentable, accords secrets, recyclage de vieux bouffeurs de truffes qui pensent encore s’engraisser aux frais des français pour cinq ans. Je ne dirais rien de l’ami Bayrou qui, derrière ses airs de sainte vierge, fait surement pareil que les copains. Mais pour faire oublier tout ça, En Marche a une botte secrète : mettre en avant des gugusses qui ne connaissent rien à la politique et ont fait campagne à leurs frais. Des gens « issus de la société civile », pour le dire de façon plus polie. En pratique : de pauvres andouilles téléguidées par des politiciens, qui servent de caution, et qu’on manipulera à souhait. Ça devient quoi une pucelle formée par une mère maquerelle à votre avis ?


    D’ailleurs, faire croire que des gens qui sont nouveaux en politique seront plus honnêtes ou plus ancrés dans la vie réelle que les politiciens professionnels est une pure foutaise. La façon dont le mouvement cinq étoiles se vautre, pour ne rien dire de Berlusconi, montre bien que cette solution imaginaire ne résout rien. Et au juste, il faudra m’expliquer pourquoi les gens qui ont 30 ans d’expérience en médecine, en droit, en gastronomie sont des grands pontes, et pourquoi en politique, on deviendrait un pestiféré après deux mandats.


    Et puis franchement, les quelques fragments d’interviews de ces candidats laissent pantois. « Nouveauté…changement…nouveauté…changement…idées-nouvelles… ». Nos petits moutons consuméristes ont bien appris leur leçon. Les ouvriers licenciés à tour de bras ? le changement ! L’éducation en déroute ? Le changement. La France, qui dégringole peu à peu les marches dans les classements relatifs à la corruption et à la liberté de la presse, car tous ses grands journaux et chaines d’info sont aux mains de la finance ? Le changement, encore et toujours… Les bonhommes eux-mêmes ne s’illusionnent guère sur leurs capacités mentales et ont presque tous refusé les débats de second tour. C’est ça le progrès, ma bonne dame !


    J’allais oublier Cédric Villani, « génie des mathématiques » de profession. Le mec, malgré une incapacité manifeste à s’habiller normalement, a une médaille Fields, donc pour le crétin de base, tout ce qu’il dit est parole d’évangile. En pratique, dès qu’il sort de son domaine, il est, comme tous les universitaires de son siècle, extrêmement limité. S’abstenir, selon lui, c’est donner la moitié de son vote au FN. Et sortir de l’UE, c’est très très vilain ! Les sophistes (ces lettrés que méprisent tous ceux qui ont lu Platon de travers), voulant former des hommes politiques, enseignaient l’art oratoire plutôt que les mathématiques. On comprend mieux pourquoi. Le type aurait sans doute mieux fait de continuer à étudier les effets des collisions rasantes dans les gaz et l’augmentation de l’entropie selon la théorie de Boltzmann.


    Les politiciens en place ne crèvent déjà pas le plafond. Mélanchon, probablement le plus cultivé de la bande (parmi les figures de premier plan en tout cas), place les origines du stoïcisme au Vème siècle avant Jésus Christ, soit deux siècles trop tôt. Les autres sont à peu près dépourvus de toute culture classique, et passeraient pour des ignares à côté d’un gamin de 16 ans qui a lu une vingtaine de bouquins sérieux. Va-t-on relever le niveau avec des patrons de pressing, des boulangers pâtissiers et un mathématicien qui ne sait pas se coiffer ? Rien n’est moins sûr.

  • L'imposture des rondes (et autres mannequins plus size)

     

    La perversion dans la cité commence par la fraude des mots, dit une citation, hélas non référencée, de Platon. Quel plus bel exemple que le phénomène des « rondes », lancé par divers médias depuis quelques années ? Sous prétexte de réagir aux standards, il est vrai ridicules, de la mode actuelle, qui glorifient des asperges anémiques totalement disproportionnées, divers sites internet/magazines/blogueurs se mettent à faire l’apologie de l’obésité, renommée pour l’occasion « rondeur ». Les vraies femmes, Monsieur, elles font 80 kilos ! Et encore. La fameuse Lizzie Miller, qui a fait la une d’un magazine il y a quelques années, du haut de son mètre 80 et de ses 79 kilos, ne serait pas tout à fait ronde, si j’en crois certains spécialistes. Pulpeuse, tout au plus, voire maigrichonne !

    Un rapide coup d’œil aux statistiques, en admettant que la réalité ne vous saute pas aux yeux, montre bien qu’on se fiche de nous: la femme française moyenne fait en moyenne 1m62 pour 60 kilos. Les filles d’un mètre 80, grosses ou non, sont plutôt rares. Par conséquent, Lizzie Miller et ses copines (les fameux mannequins plus size, ces grandes duduches censées représenter les « femmes normales », les « vraies femmes ») ne représentent morphologiquement qu’une infime minorité, je ne sais pas moi, les basketteuses qui ont arrêté le sport, peut-être. La femme moyenne, certainement pas.

    Le phénomène s’accompagne, comme tous les délires idéologiques, d’une certaine agressivité, et d’une bonne dose de mauvaise foi. Les médecins, qui vous expliquent qu’une femme en bonne santé ne peut pas faire le poids d’un hippopotame sont d’odieux charlatans au service de Slim Fast. Celles qui ne se reconnaissent pas dans les formes, à vrai dire monstrueuses, de Tess Holliday sont des idiotes endoctrinées. Quant aux filles menues, on les traite de planche à pain, et il est bien entendu qu’elles ne représentent pas les vraies femmes. Car bien sûr, ceux qui se plaignent de stigmatisation sont toujours les premiers à emmerder les autres dès que le vent tourne un peu.

    Propagande oblige, on réécrit également l’histoire, avec des vidéos visant à faire croire que les civilisations passées avaient des canons de beauté semblables à ceux que l’on veut imposer. Voyez par exemple celle-ci : https://www.youtube.com/watch?v=Xrp0zJZu0a4

    La manipulation, notamment en ce qui concerne le soi disant idéal grec, est évidente. Les imbéciles ont d’ailleurs mis une statue d’Aphrodite sur la droite, qui jure totalement avec le modèle. Et ne parlons pas du soi disant idéal victorien. A côté de Courbet, qui aimait visiblement la viande, on trouve les Vénus bien en chair, mais proportionnées, de Bouguereau et Cabanel ainsi que les frêles figures féminines des préraphaélites. Dommage que nos contemporains, qui aiment tant les nuances, soient incapables de les voir là où elles sont.

    Changement artificiel du sens des mots, refus des réalités tangibles, agressivité systématique, réécriture de l’histoire. Le phénomène des « rondes », aussi dérisoire qu’il puisse être, réunit tous les ingrédients d’une manipulation idéologique.  

  • Un délire de psys: le syndrome d'asperger

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    On sait que pour les besoins de l’industrie pharmaceutique, le manuel des désordres mentaux (DSM) s’enrichit de nouvelles maladies à chaque édition. Antidépresseurs fraise tagada pour tout le monde ! On a ainsi « répertorié » des dizaines de troubles et de syndromes, plus vagues et incertains que les programmes de Hollande et de Macron réunis. Borderline, personnalité évitante, éreutophobie, j’en passe et des meilleures. Les fumeurs de joints et autres épaves qui se sont fait cuire la cervelle à coup de binge drunking peuvent ainsi retrouver une identité. « Si j’ai pas de travail ni de diplôme, c’est parce que je suis borderline vous comprenez. Heureusement je vais mieux depuis que le docteur Goldstein m’a prescrit des smarties au vallium. » Mais bien sûr.

    Rassurer les demeurés égocentriques en leur soutirant quelques sous au passage, passe encore. Faire croire aux personnes à la fois cérébrales et réservées (ce qui va souvent de pair) qu’elles sont autistes, et souffrent donc de problèmes mentaux, est en revanche un scandale. Je veux parler du syndrome d’Asperger, médiatisé par certains films, et plus récemment sur les plateaux télé et via certains reportages. En gros, si vous avez des difficultés à communiquer avec les autres, que vous êtes un peu solitaire, mais que vous adorez lire et apprendre des choses, vous êtes un taré en puissance. Pour ma part, j’ai senti qu’il y avait anguille sous roche assez vite, sans réussir à dire pourquoi sur le coup. Et pour cause, l’escroquerie est assez bien montée.

    Premier problème : pas un de ces asperger ne se ressemble. Ils ont globalement des problèmes d’élocution et des tics comportementaux, souvent un gros problème de confiance en eux et des soucis phénoménaux de garde-robe et de coiffure mais rien de flagrant ou d’universel. Même déguisé en présentateur météo, on reconnait un trisomique au premier coup d’œil. Un asperger, c’est beaucoup, beaucoup moins évident.

    En creusant un peu la théorie, d’ailleurs, on s’aperçoit que les critères de diagnostic sont incroyablement flous et variables. Beaucoup d’asperger maitrisent bien le langage, quelques-uns non. Ils ont généralement peu d’imagination, mais c’est parfois l’inverse. Certains sont en couple, d’autres n’arrivent pas à parler aux filles. Un magma de psycholoconnerie où l’on lit tout et son contraire, sans parler des « tendances » qui concernent pas mal de monde : être maladroit, harcelé à l’école ou s’intéresser aux dinosaures et aux jeux vidéo !

    La quasi-totalité des intellos/geeks peut se reconnaître plus ou moins là-dedans. Du coup, on nous diagnostique autistes asperger la moitié des inventeurs et des artistes, de Léonard de Vinci à Bill Gates. Il faut être totalement fou, en l’occurrence, pour accorder crédit à ces calembredaines. Le syndrome d’asperger a déjà des contours très flous pour un patient qui se rend en consultation. L’appliquer à des morts, sous prétexte qu’ils travaillaient du chapeau, c’est de la bêtise pure. Michel Ange était un artiste. Il avait donc une sensibilité hors du commun. Bingo, c’était un autiste asperger ! 

    Ce qui me gêne aussi dans cette affaire, c’est le communautarisme qui va avec. Forum d’aspis, associations d’aspis, dénonciation de « l’autismophobie », la totale. Des gens qui avaient leur vie propre, leur personnalité propre ne se définissent plus que comme aspergers. Des born again de la psychologie en quelque sorte. Dans le genre, une certaine Julie Dachez fait figure d’étalon. La gonzesse a plaqué son boulot et son copain depuis que son psy lui a fait croire qu’elle était trop différente des autres pour vivre normalement. Et selon elle, bien sûr, c’est une réussite. Moi, je dirais que des conneries pseudo-scientifiques, distillées au mauvais moment, ont foutu sa vie en l’air. Et vu les commentaires de ses vidéos, pas mal de gens sont de mon avis.

    Les grands spécialistes le reconnaissent eux-mêmes : « le syndrome se situe sur un continuum sans rupture qui se dissout à son extrême dans la normalité ». Autrement dit, l’autisme léger, ça consiste à être timide et intello. Tout le monde y gagne : les dealers pharmaceutiques, qui peuvent écouler leurs saloperies, les psys qui racontent des conneries à 70 euros de l’heure, et les gens qui ne correspondent pas à la norme, enfin libérés du poids de leur différence grâce à un diagnostic bidon.  

    Beaucoup disent que le syndrome d’asperger leur a apporté une explication, une grille de lecture qui éclaire tout. Depuis Dumézil…ou le féminisme…Ou plutôt le marxisme…Ah non je sais, le monothéisme, je me méfie des grilles de lecture qui fournissent une explication providentielle, unique et géniale à toutes nos questions. Regarder le monde à travers une feuille de plastique rouge, c’est bien joli, mais le monde n’en est pas entièrement rouge pour autant.

    Encore un truc pour la route : si avoir des facilités à apprendre et des difficultés à communiquer est un désordre mental, qu’en est-il de l’inverse ? La terre regorge de braves gens très sociables mais incapables de lire un livre ou de mémoriser des choses complexes. A quand le diagnostic ?

  • La météo sur France 2 ou comment s'acheter une bonne conscience

     

    Vous harcelez vos collègues ? Vous menez la vie dure à ceux dont le physique vous déplait ? Vous avez poussé la petite timide 1ère de la classe au suicide quand vous étiez au collège, et vous culpabilisez ? Pas d’inquiétude : il suffit de quelques minutes de mise en scène pleine de bons sentiments pour vous racheter une virginité plus solide que celle de tous les saints catholiques réunis.

    Tenez la fameuse météo de France 2 dont presque tout le monde rigole en privé et qu’on se sent obligé de louer en public. Loin de moi l’idée de me moquer de cette pauvre fille, mais quand même… A quoi rime ce spectacle, au juste ? On va me dire qu’il s’agit juste de faire plaisir, de montrer qu’elle est comme les autres. Raisonnement tordu : si justement on est sommés de s’extasier devant ça, et si France 2 réalise ce caprice individuel en grande pompe, c’est que la personne n'est pas considérée comme normale. Et le stade suivant, c’est quoi ? Faire co-présenter le 20 heures par des syndromes de Tourette qui diront couille et bite toutes les dix secondes ?

    La société actuelle, derrière ses façades en carton-pâte, est intolérante à l’extrême. Elle passe son temps à exclure tous ceux qui s’écartent de la norme d’un demi-centimètre. Le harcèlement à l’école et au travail, la violence inouïe qui se déchaine sur les réseaux sociaux sont là pour en témoigner. Et l’on voudrait nous faire croire que tout va bien avec 2 minutes de tolérance ostentatoire ? Qu’on commence déjà par ne plus emmerder les petits gros, les grands bigleux et les filles qui ne s’habillent pas à la mode, et ensuite on pourra jouer aux champions de la tolérance que les handicaps les plus lourds ne gênent pas.

    Ce mélange d’hypocrisie et de bonne conscience est insupportable. C’est la version gauchiste et contemporaine du riche qui méprise ses petits employés toute la semaine et se rachète le dimanche à la messe en donnant 100 balles aux pauvres. « Comment, tu n’as rien donné à la quête ? Quel manque de compassion ! » Laver tous ses péchés d’un coup de baguette magique, et pouvoir en prime s’enorgueillir de ça, c’est quand même génial, avouons-le.

    En France, l’écrasante majorité des grossesses d’enfants trisomiques dépistées aboutit à un avortement, mais la populace raffole du spectacle de ceux qui arrivent à terme et moralise les gens qui y voient incohérence et mauvais gout. Faudra quand même que les casuistes de gauche m’expliquent, parce que moi, je m’y perds un peu.

  • Féminisme et langue française

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    Depuis quelques années, les féministes, qui ne sont pas à une connerie près, essayent de faire gober aux français une série de néologismes ridicules qu’on est sommé d’accepter sous peine d’hérésie : préfète, soldate, et même… autrice (oui oui, c’est le féminin d’auteur). En dépit de leur agressivité habituelle, d’une exposition médiatique importante de leur théories fumeuses et du soutien d’un certain nombre de ministres (ou devrais-je dire : de ministresses) il faut avouer que les français sont plutôt réticents.

    Loin de moi l’idée de me réclamer de l’académie française, remplie de vieux croulants de moins en moins lettrés. Mais on sent bien qu’il y a un problème, et qu’en dehors du microcosme politico-médiatique, personne ou presque ne se risque à utiliser ces nouvelles formes. Pour quelles raisons ? Nos idéologues de service ont bien sur des réponses toutes trouvées : sexisme endémique de la société, poids des traditions patriarcales, voire carrément sexisme de la langue française. Ben voyons.

    Une chose semble échapper à tous ces beaux esprits : en français comme ailleurs, on ne forme pas les mots comme on veut. Tout cela obéit à l’histoire de la langue et à des règles internes qui ont leur cohérence et n’ont rien à voir avec la domination patriarcale. Le suffixe –esse par exemple, qu’on trouve dans le féminin prophétesse, remonte, par l’intermédiaire du latin, aux féminins grecs en –issa, dérivés de basilissa, la reine, un mot hellénistique créé pour éviter les confusions de l’ancien mot, basileia, qui pouvait aussi signifier la royauté. Je ne connais pas assez la linguistique et l’histoire de la langue française pour dire en vertu de quoi certains mots ont pris ce suffixe et d’autres non, mais mon petit doigt me dit que ça n’a rien à voir avec la domination masculine et « l’outrecuidance phallique ».

    Histoire de rire un peu, voici d’ailleurs un superbe exemple d’ignorance crasse, entendu sur France 24 dans l’émission Actuelles. Le « féminicide ». Homicide étant, dans l’esprit de ces débiles le meurtre d’un homme. Pas de bol, homicide vient du latin homo, qui désigne l’être humain en général (une femme pouvant parfaitement dire « homo sum », même chez le très machiste Juvénal). L’homme, avec un service trois pièces, c’est vir (qui a donné le mot viril, si détesté par nos  militantes du progrès). D’où l’absurdité de ce néologisme, qui finira oublié dans les musées de la connerie féministe.

    Second problème : on ne change pas une langue par décrets. C’est l’usage des locuteurs qui décide du destin d’un mot. Si le français moyen considère que le mot « soldate » est ridicule, et pas les mots « tueuse » ou « actrice » il en a le droit. Ça s’appelle le sentiment qu’il a de sa langue, et aucun sectaire, même avec un doctorat de linguistique, ne peut le sommer de parler de telle ou telle manière.

    On se demande bien d’ailleurs où les « linguistes féministes », comme Edwige Khaznadar, dont les ¾ des considérations et des références bibliographiques ne sont pas linguistiques, mais idéologiques, ont bien pu avoir leur diplôme. Elle non plus n’a pas compris que le mot homme veut avant tout dire « être humain » et que s’il désigne aussi l’individu de sexe masculin, c’est en fonction de processus séculaires très complexes qu’on ne saurait expliquer par des considérations morales. Mais qu’importe l’histoire et l’étymologie, notre brave dame fait des enquêtes chez quelques dizaines de gugusses et croit pouvoir ainsi cerner le « vrai sens » du mot. « Vrai sens » ? C'est-à-dire ? Ce mot, comme beaucoup d’autres, a plusieurs sens, qui varient en fonction des époques, des régions, des personnes… En vertu de quoi le sens étymologique, qui en outre est le plus abstrait et général, serait illégitime ? On croit rêver.

    Le monde a besoin de savants armés d’une méthode rigoureuse, non d’idéologues qui pensent que leurs diplômes rendent scientifiques leur prêchi-prêcha moral. Tout ce qui sort de la bouche d’un historien n’est pas science historique. Les historiens de gauche et autres linguistes féministes feraient bien de s’en aviser.

     

    Pour aller plus loin, je vous conseille notamment l’article d’Antoine Meillet « le nom de l’homme » disponible ici :

    http://ctlf.ens-lyon.fr/t_voirtexte.asp?num=1040&fic=5314_fr_Meillet_1_T16&aut=Meillet, Antoine&txt=1&hd=1

    Ceux qui auront le courage de lire ce texte, probablement affreusement sexiste, constateront qu’il est basé sur une science beaucoup plus solide que la bouillie idéologico-moraliste de Mme Khaznadar et ses compères. Que M. Meillet n’avait pas besoin de faire des micro-trottoirs avec un dessin de femme préhistorique pour constater que « pour le sentiment d'un Français du peuple, le mot ‘homme’ désigne avant tout l'opposé de la femme. » Et qu’en outre, le double sens du mot homme en français n’a rien à voir avec la « mentalité archaïque », puisque c’est une innovation du français et de l’anglais par rapport aux langues indo-européennes plus anciennes (latin, grec, germanique, sanscrit…)