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Carnets d'un païen - Page 4

  • Philippe Jaccottet dans la Pléiade

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     Cela fait longtemps que je ne me faisais plus d’illusions sur la collection la Pléiade. Vous savez, ces ouvrages hors de prix édités en papier bible. Mais là, divine surprise, ils viennent d’éditer Philippe Jaccottet. Le seul poète français vivant de la collection. On ne plaisante plus là, c’est du sérieux. « Triomphe de la poésie » ! « Vigie du visible » ! « Solennel et grandiose » ! Nos amis journaleux, toujours prêt à bêler les leçons du système, ne tarissent pas d’éloges. Sauf que les œuvres de votre Jaccottet, désolé de le dire, c’est de la merde en barre. Vérité implacable, que mon pragmatisme littéraire m’oblige à exprimer.

    Au menu : textes abscons, dépourvus de toute musique, de toute mélodie, de tout rythme. Bref, un bordel illisible, sans forme ni fond (comme toujours quand on sacrifie l’une à l’autre), et que personne ne lira vraiment. Si l'une de vos connaissances prétend le contraire, demandez-lui donc de vous réciter un poème de cet auteur. Au mieux, vous aurez un de ces fragments dégoulinants de snobisme semblables à ceux que citent les journalistes :

    « Soudain, il semble que tout devienne plus ample, plus léger, plus respirable. […] Maintenant le faible revit, se reconstitue. »

    « Ce sont des perles parmi l'herbe

    de nacre à mesure plus rose

    que les brumes sont moins lointaines »

    J’en passe et des meilleures. Pas besoin d’être passionné de poésie pour voir que l’on nage dans l’imposture la plus complète. On est, au mieux, dans le verbiage pseudo-philosophique.

    Verlaine disait qu’il aimerait bien voir ses poèmes mis en musique. Théodore de Banville estimait que pour qu’un poème en soit un, il devait pouvoir être chanté. Qui imagine pouvoir chanter un poème de Philippe Jaccottet ? Ces phrases plates, prosaïques au possible, qui essayent parfois de donner l’impression du vers par un misérable retour à la ligne qui ne trompe personne, ne peuvent évidemment accueillir aucune mélodie.

    Il faut toute l’autorité de pseudo-spécialistes et de pseudo-artistes experts en charabia postmoderne pour appeler cela de la poésie. Leur conception de l’art : Déblatérer des paroles incompréhensibles mêlées de platitudes, avec retour à la ligne facultatif tous les 10 mots. La charmante décadence.

    Non, la poésie ne triomphe pas. On en édite de moins en moins. Plus personne n’en lit. Célébrer en grande pompe un auteur qui reste confidentiel et dont les textes sont chiants comme des sermons dominicaux n’y change rien. La soit disant poésie contemporaine, c’est incroyable à dire, est en réalité moins proche de la poésie des siècles passés que la dernière des chansons qui passe en discothèque. Que la Pléiade s’en rende compte ou non.

    On ne sait pas trop qui aura le courage herculéen de lire 1780 pages de ce galimatias, qui ressemble à une traduction d'auteur bulgare. La famille, les amis, quelques hurluberlus branchés ? La plupart feront semblant, et liront ça en diagonale, comme des étudiants avec une lecture obligatoire. Ils retiendront par cœur deux ou trois phrases, pour faire illusion, à l'instar de nos amis journalistes.

  • Victoire du FN aux européennes

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    Aux armes citoyens ! Péril en la demeure ! Le FN vient de foutre une branlée (dixit Cambadélis) aux forces du bien. Remarquez, si j’en crois nombre de fins analystes, 25/100 de 44/100 de votants, ce n’est pas tant que ça. Un dixième des français seulement. Trois pelés et un tondu, en quelque sorte. Faut pas demander pour les 14/100 du PS…Mais passons.

    Déjà, nos bataillons d’artistes subventionnés sont au garde à vous pour défendre la vraie France. Yannick Noah, qui aime profondément notre pays (excepté pour y payer l’impôt sur le revenu) a pris la parole. Dieu merci, il ne nous a pas pondu de nouvelle chanson. Benjamin Biolay, en revanche, a composé un remake du chant des partisans. Entre deux séquences qui ressemblent à de la musique d’ascenseur, d’indigestes couplets qui rappellent le rap, et un refrain qui reprend la première phrase de la chanson mère sur un rythme différent. Y a pas à dire, les socialos de 39-40 écrivaient mieux.

    Notre ami BHL, quant à lui, satisfait de son travail en Lybie, où règne désormais le chaos le plus total, s’est fendu d’une tribune délicieusement inquisitoire, dans la plus pure tradition mosaïque (à ceux qui me croient mauvaise langue, je conseillerais une lecture du Deutéronome, qui enjoint de mettre à mort ceux qui ne pensent pas comme il faut). Dans ce texte inspiré, BHL nous rappelle qu’il est interdit de préférer Poutine à l’oncle Sam. De dénoncer l’influence des Emirats pétroliers. De remettre en cause les guerres ou tentatives de guerres coloniales des néoconservateurs contre la Lybie, la Syrie, etc. Et bien sur, de s’opposer à l’islamisation de l’Europe.

    Belle philosophie, en vérité, qui explique au peuple qu’il a mal voté, et nous montre comment il faut penser. Le tout au service des néoconservateurs américains et de leurs chienchiens orientaux. Merci de nous montrer la voie de la lumière, Bernard !

    Laissons de coté la fantomatique et grotesque mobilisation de quelques lycéens et étudiants bobos gauchistes, qui feraient mieux de réviser leurs examens, et essayons à notre tour de réfléchir sur la montée du FN. Pour ma part, je pense que pour endiguer le vote FN il faudrait :

    -Que les français se sentent davantage écoutés par un président complètement autiste, qui les « entend », sans jamais dévier de sa ligne.

    -Que la gauche redevienne sociale, au lieu de verser dans les diversions sociétales et antiracistes, qui ne sont, chacun s’en rend compte, que des écrans de fumée destinés à faire oublier les vrais problèmes, et à rétribuer des lobbys et des communautés pour leur soutien.

    -Que la droite redevienne nationale, au lieu de ne penser qu’au pognon. Cette « droite, républicaine, libérale et modérée », les français finissent par s’en rendre compte, n’est qu’une vieille pute sans conviction, obnubilée par le fric.

    -Que la classe politico-médiatique retrouve une VRAIE diversité, afin que se mette en place un débat politique authentique, à la place de cet actuel dialogue de sourds entre putes du système et dissidents plus ou moins inspirés.

    -Et par pitié, que BHL, Bruel, Biolay, Noah et compagnie ferment leur gueule. Parce qu’avec des ennemis pareils, le FN n’a pas besoin d’amis.

  • Mourir pour la patrie: un bourrage de crâne signé France 5

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     France 5 a diffusé récemment un documentaire intitulé "Mourir pour la patrie: de l'école aux tranchées". Même si, poussé par un masochisme intellectuel récurrent, je dois être à peu près le seul à l'avoir regardé, un tel bourrage de crane est sidérant.

    La thèse de fond de ce morceau de bravoure dans l'histoire de la connerie: c'est l'école de Jules Ferry qui a préparé la première guerre mondiale, en infusant dans l'esprit des enfants un patriotisme forcené, allié à une volonté de revanche guerrière. Salauds de républicains, ils apprenaient aux enfants à lire et à aimer leur pays. Un vrai scandale.

    Au menu, intervention de propagandis... euh d'historiens engagés, images d'archives soigneusement sélectionnées, et scènes de reconstitution d'une salle de classe, avec un professeur qui joue l'imbécile à la perfection (voir photo ci-dessus) et des élèves qui ressemblent à des zombies. Pas orienté le moins du monde.

    Historiquement parlant, le lien entre la docilité guerrière des poilus et l'école de la troisième république est peu argumenté: c'est une idée qu'on est sommé d'admettre comme une évidence. Quid de l'éducation des autres belligérants, pas beaucoup plus rebelles que les français ? Quid de l'attitude des français lors des guerres précédentes ? Bref, tout le documentaire repose sur un postulat.

    Ce qui pose problème, on le sent bien, c'est d'apprendre à écrire (les dictées sont subtilement tournées en dérision), et à aimer son pays (la marseillaise est elle aussi moquée en passant) . Ces idiots de français du 19ème ne savaient pas encore que seul le patriotisme américain est autorisé.

    Et le bourrage de crane subi par les enfants, parlons en. On faisait de Vercingétorix un héros de la France, on apprenait aux enfants à être des soldats ? Est-ce bien pire que de leur apprendre des histoires de poissons homosexuels, ou d'inciter les garçons à jouer à la poupée ? Ressasser la défaite de 1870, est-ce vraiment beaucoup plus bête que de ressasser l'histoire de la seconde guerre mondiale à longueur de journée ?

    A chaque époque ses gâtismes mémoriels et ses obsessions idéologiques. Juger celles d'hier sans remettre en question celles d'aujourd'hui ne peut aboutir qu'à un exercice d'autosatisfaction grotesque. Que l'école d'aujourd'hui marche mieux ! Que notre époque pense comme il faut ! Les petits esclaves du grand capital sont aujourd'hui bien dressés: ils n'aiment pas la France, et ne savent pas écrire.

    L'école de la troisième république, en dépit de ses défauts, notamment un enseignement biaisé de l'histoire et une tendance à la propagande patriotique, a accompli une œuvre considérable pour l'éducation de la France. La France illettrée du 21ème siècle et son école en déroute n'ont aucune leçon à faire à des gens qui ont alphabétisé ce pays.

     

  • Comment choisir ses lectures ?

     

    belle liseuse, Julian Mandel
    D’après les critères des médias, un bon lecteur est quelqu’un qui lit beaucoup. Ce qu’ils oublient souvent de dire, c’est que la qualité joue aussi. Enfin, évidemment, si Albin Michel et Cie veulent écouler les dernières merdes de la rentrée littéraire, faut pas le crier trop fort.

    Beaucoup de gros lecteurs ont une culture littéraire proche de zéro, parce que leur choix de livres est nul. Romans à l’eau de rose, heroic fantasy à la noix, polars, science fiction, auteurs bobos. Résultat : même en lisant deux heures par jour, ces malheureux ne dépassent guère le niveau intellectuel du plouc  « foot-bagnoles-ciné-musique ». Autant regarder Michel Drucker à la télé.

    D’où un constat net, tranchant, sans approximations, à encadrer en lettres d’or : il est primordial de bien choisir ses lectures. Pas besoin de lire 50 livres par an pour avoir une solide culture littéraire (même si ça aide). Voici donc quelques clés.

    -Fuyez comme la peste la merde commerciale ambiante : rentrée littéraire, littérature de genre (polar, science fiction, eau de rose, heroic fantasy…), etc. C’est moins divertissant qu’un vrai livre, souvent moins bien écrit, moins enrichissant, bref aucune raison de s’infliger ce genre de torture. Vous aimez en lire d’habitude ? ça se soigne. Des gens habitués au fast-food peuvent parfaitement réapprendre à manger avec quelques bons restaurants. Au pire, faites-vous une faveur de temps à autre, mais sans excès.

    -VARIEZ vos lectures. Variez les auteurs, les genres, les époques autant que possible. Vous pouvez bien sur avoir des centres d’intérêts majeurs, la poésie par exemple, ou la littérature de telle époque ou tel pays, mais il est important de ne pas s’y enfermer, au risque de ressembler à certains professeurs d’université, auxquels on parle chinois dès qu’on évoque quelque chose qui sort de leur domaine d’études.

    -Ne vous limitez pas au roman (ça recoupe le point précédent, mais j’insiste) : pour la plupart des gens aujourd’hui, littérature rime avec genre romanesque. Lâchez-vous, lisez de la poésie, du théâtre, de la philosophie, de l’histoire, des discours, des nouvelles, des récits de voyages. La littérature est d’une richesse inouïe, pourquoi donc ne pas en profiter ? Ce qui est génial, c’est qu’avec le temps passé à lire un seul roman de 300 pages, on peut lire 4 ou 5 petits livres. Ça passe mieux, et c’est bien plus intéressant (et plus varié…).

    -Lisez des classiques. « Il me semble que jusqu’à ce qu’un homme ait lu tous les livres anciens, il n’a aucune raison de leur préférer les nouveaux» disait Montesquieu. C’est évidemment un peu exagéré, mais globalement, il est absurde de connaître par cœur tel scribouillard contemporain et de n’avoir jamais lu Homère ou Victor Hugo. L’idéal est d’avoir une base antique (les auteurs grecs et latins en particulier), car ce sont évidemment les œuvres qui ont exercé la plus grande influence. Beaucoup de nos contemporains zappent tout cela allègrement, pour se limiter aux productions du 20ème siècle, qui n’est entre nous pas le plus brillant d’un point de vue littéraire.  Avec ce genre d’enfantillages, on finit con comme un panier troué. Connaître les classiques, en outre, vous permettra d’échanger plus facilement, puisque cela vous donnera des lectures communes avec d’autres personnes.

    Une fois ce socle établi, on peut lire des auteurs moins célèbres, élargir ses connaissances en piochant dans des domaines que l’on ne connait pas, ou approfondir les choses en lisant des études sur des œuvres que l’on aime, des biographies d’auteurs qu’on apprécie. Ainsi, vous vous forgerez un parcours de lecture unique.

     

  • Méchant Taddéi !

     

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    Une émission intelligente à la télé ? Scandale ! Depuis quelques mois, toutes les belles âmes et les beaux esprits montent au créneau, de Cyrille Hanouna à Caroline Fourest. Un vrai consensus sapientium. Cette émission abominable donne la parole à des intellectuels, et même à des « cerveaux malades », vous savez, les mecs interdits de plateaux par le lobby qui n’existe pas. Heureusement que l’élite de l’élite se mobilise pour barrer la route à la bête immonde.

    L’un des premiers à critiquer l’émission depuis son transfert sur France 2 fut l’animateur de Touche pas à mon poste, génie de l’humanité s’il en est. (Il dit avoir décroché son bac en trichant. On le croit sur parole.) Entre deux émissions qu’on pourrait confondre avec une séance d’animation pour déficients mentaux, notre Einstein national s’est permis de critiquer Ce soir ou jamais. Gageons qu’il n’est pas foutu d’en comprendre un mot, mais passons.

    Monsieur tape là où ça fait mal : l’émission de Taddéi ne fait pas d’audience, surtout comparé à son talk show génial. Y’aura toujours plus de bouffeurs de merde que de gouteurs de truffes, c’est un fait. L’originalité, de nos jours, c’est que les fabricants de merde s’en vantent. Des étrons libres, comme on dit.

    Après les diatribes de Patrick Cohen (on ne pense pas ce qu’on veut, bordel !) et autres journalistes brillants, c’est au tour de l’inénarrable Caroline Fourest d’intervenir.

    Selon elle, Taddéi inviterait un tas de complotistes et d’extrémistes, qu’il se ferait un plaisir d’opposer aux gardiens du système. Un vrai complot, quoi ! En plus, l’animateur vient de milieux pas très catholiques. J’en connais décidément qui auraient fait une belle carrière dans l’inquisition. Ultime critique, preuve que les grands esprits se rejoignent : Ce soir ou jamais n’est pas très populaire (normal pour une émission aussi élitiste, mais ça n’a décidément pas l’air de tilter).

    Bref, Taddéi devrait se ranger, inviter les gens qu’on a le droit d’inviter (Patrick Cohen est sans doute prêt à lui faire une petite liste), et se mettre au niveau du débile moyen pour faire de l’audience. Non mais !

     

    Un article décryptant les conneries de  l’amie Fourest :

    http://www.lesinrocks.com/2014/01/29/actualite/les-contre-verites-de-caroline-fourest-sur-frederic-taddei-11466469/