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Carnets d'un païen - Page 3

  • Un poème pour la journée de la femme

    Garde ta beauté, tendre amie dont l’élégante nonchalance m’est si douce.

    Ne prête point l’oreille à ce tumulte de grotesques qui, n’étant d’aucun sexe, veulent des droits et des devoirs égaux pour l’homme et pour la femme.

    La Beauté du monde est dans la variété et l’inégalité ; sache-le bien : il n’y a rien d’égal, il n’y a rien de semblable.

    Laisse ces êtres qui ne savent plus charmer essayer de dominer ; laisse-les devenir docteur ou député, artiste ou savant : la force leur manque autant que la Grâce.

    Parce qu’elles ont voulu se mettre en dehors de la nature, parce qu’elles n’ont pas senti la grandeur de la femme, qu’elles soient l’être incomplet qu’elles ont rêvé, qu’elles deviennent ce monstre : le bas bleu !

                Ô souveraine, ô dominatrice, ô déesse !

                Toi qui nous gouvernes

                Par la toute-puissance de ton sourire et de tes larmes,

                Et caches tes pouvoirs dans ton geste et ta caresse,

                Que je te sacre de ton nom glorieux : Ô Femme !

     

                (…)

    Hugues Rebell, Chants de la Pluie et du Soleil, XCI

     

  • Rimbaud, Verlaine et la décadence de la poésie

     

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    Tous ceux qui ne lisent jamais de poésie vous le diront : Rimbaud et Verlaine sont les poètes par excellence. Des auteurs intouchables, indépassables, qu’on ne peut qu’aduler. On a le droit de trouver Victor Hugo ennuyeux, avec ses milliers d’alexandrins et ses poèmes interminables. Mais les deux compères, interdit de les critiquer (je mets d’ailleurs au défi quiconque de me trouver un texte récent ébauchant ne serait-ce que des réserves à leur égard). Dans le milieu littéraire, bien entendu, mais aussi sur le net ou dans les cafés, d’habitude si prompts à brûler ce que le système adore.

    Il faut dire que les auteurs du fameux sonnet du trou du cul ont tout pour plaire. Pour commencer, ils étaient homosexuels, ce qui fait toujours bon effet et contribue à leur donner aujourd’hui encore une aura particulière ; ajoutons à cela un zeste de vagabondage et un épisode violent. Tous les ingrédients sont réunis pour créer des baudruches littéraires pseudo-dissidentes. Dit plus simplement : des « poètes maudits ». Le notable ump-Figaro bien sous tous rapports les lira presque en cachette (j’ai bien dit presque), comme on lit les Fleurs du mal au 21ème siècle, avec le frisson qu’offrent les transgressions qui n’en sont plus. Le socialiste militant revendiquera leur orientation sexuelle comme un étendard, pour rentabiliser politiquement ses lectures et se donner une image d’intello. L’ado de 15 ans s’imaginera rebelle et non-conformiste, en lisant ça après avoir surfé sur Twitter et Facebook, écouté de la pop anglaise et regardé un film américain.

    Bon d’accord, j’exagère un peu quand je dis que ces gens vont lire. En réalité ils liront deux ou trois poèmes, comme on lit de la prose, et ne retiendront in fine que les violons de l’automne qu’ils ont appris à l’école. On ne se refait pas.

    Mais venons-en aux faits. Il suffit d’ouvrir Verlaine au hasard pour tomber sur des textes d’une ahurissante médiocrité. Depuis on a certes fait bien pire (notamment parce que la poésie, sous l’influence d’auteurs comme Verlaine, a perdu tout repère), mais que dire de ces vers sans rythme, hachés, qui demandent au lecteur de compter laborieusement sur ses doigts pour reconnaître le mètre utilisé ? Que dire de ces vers abscons, illisibles, qui demandent plusieurs relectures pour être compris, qui expriment de façon si compliquée des choses simples ?

    Las ! je suis à l’Index et dans les dédicaces

    Me voici Paul V… pur et simple. Les audaces

    De mes amis, tant les éditeurs sont des saints,

    Doivent éliminer mon nom de leurs desseins,

    Extraordinaire et saponaire tonnerre

    D’une excommunication que je vénère

    Au point d’en faire des fautes de quantité !

    Vrai ! si je n’étais pas à ce point désisté

    Des choses, j’aimerais, surtout m’étant contraire,

    Cette pudeur du moins si rare de libraire.

     

    Comble pour un poème, je m’en aperçois en le recopiant, il est plus facile de mémoriser ces vers en ne les lisant pas comme des vers. Voici la trouvaille de Verlaine : des alexandrins qui, pour ne pas être trop durs à lire, doivent se lire comme de la prose. Belle invention, en vérité ! Comment s’étonner qu’avec un modèle pareil notre poésie soit devenue une sorte de prose qui retourne à la ligne ? Comment s’étonner que la plupart des français ne sachent plus déclamer des vers, quand on leur donne à voir des poèmes de ce genre ?

    Cette désarticulation du vers est d’autant plus condamnable qu’elle n’est pas le fait d’un manque de talent. Verlaine sait parfaitement versifier quand il le veut. Il compose délibérément des vers hachés, saccadés, illisibles, imprononçables, par paresse et par idéologie. Des « vers délibérément faux exprès » comme il disait en parlant de Rimbaud. On me dira que tout grand artiste fait parfois de mauvaises œuvres, ce qui est vrai. Mais la majorité des textes de Verlaine (les poèmes saturniens mis à part) est de cette eau là.

     

    Venons-en à Rimbaud, dont les premiers textes sont clairement parnassiens (un paradoxe, quand on sait que les poètes parnassiens sont aujourd’hui largement relégués au purgatoire), pour ensuite évoluer de façon plus originale, et aboutir avec les Illuminations, recueil de poème en prose dont l’influence sur la poésie contemporaine est immense. Hélas, il suffit d’ouvrir ces fameuses Illuminations pour se rendre compte que même si c’est du Rimbaud, c’est un parfait charabia :

    « Dimanche

    Les calculs de côté, l’inévitable descente du ciel, et la visite des souvenirs et la séance des rythmes occupent la demeure, la tête et le monde de l’esprit.

    - Un cheval détale sur le turf suburbain, et le long des cultures et des boisements, percé par la peste carbonique. Une misérable femme de drame, quelque part dans le monde, soupire après des abandons improbables. Les desperadoes languissent après l’orage, l’ivresse et les blessures. De petits enfants étouffent des malédictions le long des rivières. –

    Reprenons l’étude au bruit de l’œuvre dévorante qui se rassemble et remonte dans les masses. »

     

    Les spécialistes déploient depuis longtemps des trésors d’inventivité pour défendre leur favori, à la manière de théologiens qui essayent de vous prouver l’inverse de l’évidence. Cette poésie n’est pas illisible, non, elle n’a simplement pas de sens. Elle ne se comprend pas, mais tant mieux, ça ouvre des horizons interprétatifs (comprenez : on peut y voir ce qu’on veut et délirer à plein régime). Et ainsi de suite. Comme si l’on pouvait prendre plaisir à lire des textes qui n’ont pas de sens. Pourquoi ne pas lire de droite à gauche tant qu’on y est ? ça peut amuser un moment, mais ça lasse très vite.

    Ce qui se cache derrière Verlaine et Rimbaud, c’est la destruction de la forme et du sens. La poésie contemporaine, qui se réclame d’eux à corps et à cri, en est la preuve vivante (si j’ose dire). Résultat : un galimatias généralisé, du surréalisme à nos jours. Des pseudo-vers qui ne sont plus qu’un retour à la ligne, des vers de mirliton sans rythme, qu’on doit compter sur ses doigts ou se résigner à lire comme de la prose. Une poésie reléguée au placard de la littérature, aussi bien par les éditeurs que par les lecteurs.

     

    Verlaine et son ami, sans être les seuls coupables, sont largement responsables de cette situation, puisqu’ils ont fait glisser la poésie sur une pente qu’elle n’a cessé de descendre depuis. Il est nécessaire de faire ce constat, que même les plus grands contempteurs de la poésie contemporaine se refusent à faire aujourd’hui.

  • L'islam selon Fabius, Obama et cie

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    Depuis quelques jours, des dizaines d'experts souvent autoproclamés (Fabius, Obama, journalistes...) en histoire des religions nous expliquent que les islamistes de l'EEIL prêchent un faux islam, que l'islam ça n'a jamais été ça, que c'est tout fleurs et violettes. Les autorités musulmanes, après des années de silence écrasant, condamnent à tout va.

    La religion, dans l'affaire, ne serait qu'un prétexte. On aurait juste affaire à des bandits de grand chemin. Curieux prétexte, qui pousse les gens à risquer leur vie. Curieux "bandits" qui se mettent délibérément des états entiers à dos, sacrifient parfois leur existence en criant des formules religieuses. Clairement, s'il existe bien sur des gens qui ont envie de s'enrichir, en faire le seul moteur de l'action des terroristes est indéfendable.

    Je comprends bien aussi que le musulman moyen n'est pas comme ça, que ce n'est pas un djihadiste. Le communiste moyen, dans les années 50, n'était pas forcément gardien de goulag, et pensait souvent sincèrement œuvrer à un monde meilleur. ça ne fait pas pour autant de leurs idéologies globales des merveilles inoffensives.

    Qui plus est, distinguer entre un vrai islam et un faux islam, c'est une distinction de croyant monothéiste, pas d'intellectuel. Ceux qui se réclament d'un livre sacré d’une religion et basent leur vision du monde dessus, même de manière fantaisiste, font bien partie de la religion en question. Les cathares, par exemple, sont considérés par tous les historiens modernes comme des chrétiens, même s'ils sont un peu particuliers. De même pour les ophidiens, les aphtartodocètes et j'en passe. Un catholique vous dira que ce n'étaient pas des chrétiens, mais comme je l'ai dit, cela procède d'une logique dogmatique, qu'il est bien curieux de voir adopter par notre système politico-médiatique.

    Et tant qu'on y est, à parler de livre sacré, de califat, je ne sais pas où les gens qui disent que "l'islam ça n'a jamais été ça" ont appris ce qu'était l'islam, mais moi je n'ai pas souvenir que les califats du passé aient été, surtout au début, des exemples de douceur et de tolérance. Haroun Al Rachid, il est vrai, était plutôt chouette. Le calife Omar un peu moins.

    Pour ce qui est du prophète, qui demeure à moins que ça ait changé, le modèle du croyant musulman, il me semble bien aussi qu'il ait été plutot du genre belliqueux et intolérant. Il n'hésitait d'ailleurs pas trop à faire égorger ceux qui lui déplaisaient, de la poétesse Asma Bint Marwan aux prisonniers de guerre.

    J'aimerais donc savoir à quoi rime ce grotesque cours collectif d'histoire des religions donné par Fabius, Obama, les chaines d'infos et autres gugusses (rejoints, depuis avant hier par diverses autorités musulmanes), dans l'espoir de nous faire gober de pareilles insanités. Vous avez une idée ?

  • A quoi joue l'occident ? (3)

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    -Allo chef ? Faut pas livrer les navires Mistral ? Oui chef, Bien chef. C’est compris chef.

    On s’en doutait, voilà une preuve de plus : Porcinet est prêt à foutre tous les ouvriers de France et de Navarre au chômage pour obéir à ses maîtres et seigneurs. PSA avait déjà fermé une usine à cause de l’embargo sur l’Iran, décidé par la plus grande démocratie impérialiste du proche orient. Allez hop, 600 de plus ! Les intérêts étrangers avant tout !

    En Ukraine, les chienchiens de Washington ont remplacé ceux de Moscou, au nom de la démocratie. C’est beau. Un boxeur con comme ses pieds, une connasse à tresses, un milliardaire corrompu qui vend du chocolat de supermarché et le tour est joué. Bon ok, ça a magouillé sec à Maidan, y a bien quelques barbouzes qui ont tiré sur la foule déguisés en policiers, mais rien de très fâcheux au fond. Les forces du bien sont en marche. Le clown-idéologue BHL, les va-t-en guerre Mac Cain et Kerry, tous ont défilé pour afficher leur soutien. Porcinet, Cameron et la grosse conne allemande suivent bien sagement. On les a bien dressés.

    -Attends Cleomenes, tu déconnes ou quoi ? Poutine, c’est un vilain impérialiste ! Un méchant qui fait la guerre à tous les régimes fantoches que les américains mettent en place autour de la Russie pour l’encercler ! Y a pas pire !

    C’est pas pour être taoïste, mais faudra me dire ce que la France gagne à favoriser, entre deux impérialismes, le plus fort des deux. Elle n’aurait pas plutôt intérêt à ce que les forces s’équilibrent, par hasard ? Va falloir relire Machiavel les gars, ou au moins votre histoire romaine. Les états grecs qui soutenaient Rome contre la Macédoine ou le Pont ont fini en provinces romaines. Un état en déclin n’a aucun intérêt à se rallier à la superpuissance du moment. C’est la géopolitique la plus élémentaire. Les américains, eux, l’ont compris à la perfection, et font exactement ce que faisait Rome (la culture en moins) : ils favorisent systématiquement les pays faibles contre les pays plus dangereux, pour que personne ne puisse leur disputer la prééminence.

    Pendant ce temps, en Irak, le bordel organisé par l’Occident et les émirats du Golfe depuis des années porte ses fruits. Ce qui, au passage, a transformé les chrétiens irakiens en perles précieuses, alors que les chrétiens syriens, eux, peuvent crever sans que personne n’en ait rien à foutre. Sacré Fabius ! Ah, et y a aussi les Yézidis. Un peu comme le triple A, le truc dont personne n’a jamais entendu parler et que les médias nous rabâchent jusqu’à ce que tout le monde le connaisse par cœur. Je vous la fait courte, les yézidis, ils croient en l’ange paon (si si), mandaté par Dieu pour diriger le monde. Un truc sérieux.

    Ça tombe bien quand même cet EIIL (qui en anglais s’appelle ISIS, le nom d’une déesse païenne… Pour des musulmans rigoristes, ça ne manque pas de sel). Juste au moment où l’arc chiite commençait à ennuyer les USA et cie, ces cinglés débarquent pour affaiblir l’Irak. Quelle coïncidence miraculeuse ! Et en passant, comment ces mecs, qui se faisaient défoncer il y a 6 mois par d’autres rebelles syriens, eux-mêmes en grande difficulté contre l’armée syrienne, arrivent maintenant à battre à plate couture l’armée irakienne ? Miracle mon frère ! God bless you !

    Au fait, l’Etat islamique, faut pas l’appeler Etat islamique il parait. Parce que ce n’est pas un état, et qu’il n’est pas islamique, mais alors pas du tout. Il faut donc l’appeler Daesh, ce qui signifie… la même chose en arabe. Et n’ironisez pas là-dessus, surtout, ce serait jouer sur les mots.

  • Un singe socialiste: le bonobo

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    Le bonobo est, selon les scientifiques, qui comprennent si bien le monde, un animal très proche de l’homme. Il a en effet plus de 95/100 de gènes en commun avec nous. A vrai dire, il est surtout très proche du socialisme et de la pensée ambiante. Jugez plutôt : peu bagarreurs, au contraire des chimpanzés, les bonobos passent leur temps à s’enculer. Ils pratiquent diverses positions, et beaucoup d’entre eux ont des relations avec les individus de même sexe. En outre, ce sont, chez eux, les femelles qui prennent les décisions importantes. Il n’en faut pas plus aux décadents actuels pour admirer cette merveilleuse espèce, par ailleurs en voie d’extinction. Les grands esprits se rejoignent, décidément.

    Transformer chaque jour un peu plus les hommes en mendigots pacifico-nihilistes auto-introspecteurs enculeurs travailleurs (comme dirait Céline), voici la noble tache que se sont donnés certains intellectuels et médias. Comme le bonobo, l’européen moderne ne fera pas la guerre (sauf quand l’Amérique et ses alliés le lui ordonnent). Comme lui, il n’aura d’attention, de passion que pour son service trois pièces, laissant la politique aux grandes personnes. Pour l’harmonie de son couple, il inversera les stupides schémas patriarcaux, pour laisser place au matriarcat, d’après les excellents conseils des folisophes féministes anglo-saxonnes.

    On nous montre certes beaucoup d’animaux à la télévision. Mais ce qu’on propose en exemple, en modèle pour l’homme, ce n’est ni la liberté du papillon ou du cheval sauvage, ni la beauté élégante des panthères, mais un grotesque singe obnubilé par sa bite. Ça ne s’invente pas.