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Carnets d'un païen - Page 3

  • Rimbaud, Verlaine et la décadence de la poésie

     

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    Tous ceux qui ne lisent jamais de poésie vous le diront : Rimbaud et Verlaine sont les poètes par excellence. Des auteurs intouchables, indépassables, qu’on ne peut qu’aduler. On a le droit de trouver Victor Hugo ennuyeux, avec ses milliers d’alexandrins et ses poèmes interminables. Mais les deux compères, interdit de les critiquer (je mets d’ailleurs au défi quiconque de me trouver un texte récent ébauchant ne serait-ce que des réserves à leur égard). Dans le milieu littéraire, bien entendu, mais aussi sur le net ou dans les cafés, d’habitude si prompts à brûler ce que le système adore.

    Il faut dire que les auteurs du fameux sonnet du trou du cul ont tout pour plaire. Pour commencer, ils étaient homosexuels, ce qui fait toujours bon effet et contribue à leur donner aujourd’hui encore une aura particulière ; ajoutons à cela un zeste de vagabondage et un épisode violent. Tous les ingrédients sont réunis pour créer des baudruches littéraires pseudo-dissidentes. Dit plus simplement : des « poètes maudits ». Le notable ump-Figaro bien sous tous rapports les lira presque en cachette (j’ai bien dit presque), comme on lit les Fleurs du mal au 21ème siècle, avec le frisson qu’offrent les transgressions qui n’en sont plus. Le socialiste militant revendiquera leur orientation sexuelle comme un étendard, pour rentabiliser politiquement ses lectures et se donner une image d’intello. L’ado de 15 ans s’imaginera rebelle et non-conformiste, en lisant ça après avoir surfé sur Twitter et Facebook, écouté de la pop anglaise et regardé un film américain.

    Bon d’accord, j’exagère un peu quand je dis que ces gens vont lire. En réalité ils liront deux ou trois poèmes, comme on lit de la prose, et ne retiendront in fine que les violons de l’automne qu’ils ont appris à l’école. On ne se refait pas.

    Mais venons-en aux faits. Il suffit d’ouvrir Verlaine au hasard pour tomber sur des textes d’une ahurissante médiocrité. Depuis on a certes fait bien pire (notamment parce que la poésie, sous l’influence d’auteurs comme Verlaine, a perdu tout repère), mais que dire de ces vers sans rythme, hachés, qui demandent au lecteur de compter laborieusement sur ses doigts pour reconnaître le mètre utilisé ? Que dire de ces vers abscons, illisibles, qui demandent plusieurs relectures pour être compris, qui expriment de façon si compliquée des choses simples ?

    Las ! je suis à l’Index et dans les dédicaces

    Me voici Paul V… pur et simple. Les audaces

    De mes amis, tant les éditeurs sont des saints,

    Doivent éliminer mon nom de leurs desseins,

    Extraordinaire et saponaire tonnerre

    D’une excommunication que je vénère

    Au point d’en faire des fautes de quantité !

    Vrai ! si je n’étais pas à ce point désisté

    Des choses, j’aimerais, surtout m’étant contraire,

    Cette pudeur du moins si rare de libraire.

     

    Comble pour un poème, je m’en aperçois en le recopiant, il est plus facile de mémoriser ces vers en ne les lisant pas comme des vers. Voici la trouvaille de Verlaine : des alexandrins qui, pour ne pas être trop durs à lire, doivent se lire comme de la prose. Belle invention, en vérité ! Comment s’étonner qu’avec un modèle pareil notre poésie soit devenue une sorte de prose qui retourne à la ligne ? Comment s’étonner que la plupart des français ne sachent plus déclamer des vers, quand on leur donne à voir des poèmes de ce genre ?

    Cette désarticulation du vers est d’autant plus condamnable qu’elle n’est pas le fait d’un manque de talent. Verlaine sait parfaitement versifier quand il le veut. Il compose délibérément des vers hachés, saccadés, illisibles, imprononçables, par paresse et par idéologie. Des « vers délibérément faux exprès » comme il disait en parlant de Rimbaud. On me dira que tout grand artiste fait parfois de mauvaises œuvres, ce qui est vrai. Mais la majorité des textes de Verlaine (les poèmes saturniens mis à part) est de cette eau là.

     

    Venons-en à Rimbaud, dont les premiers textes sont clairement parnassiens (un paradoxe, quand on sait que les poètes parnassiens sont aujourd’hui largement relégués au purgatoire), pour ensuite évoluer de façon plus originale, et aboutir avec les Illuminations, recueil de poème en prose dont l’influence sur la poésie contemporaine est immense. Hélas, il suffit d’ouvrir ces fameuses Illuminations pour se rendre compte que même si c’est du Rimbaud, c’est un parfait charabia :

    « Dimanche

    Les calculs de côté, l’inévitable descente du ciel, et la visite des souvenirs et la séance des rythmes occupent la demeure, la tête et le monde de l’esprit.

    - Un cheval détale sur le turf suburbain, et le long des cultures et des boisements, percé par la peste carbonique. Une misérable femme de drame, quelque part dans le monde, soupire après des abandons improbables. Les desperadoes languissent après l’orage, l’ivresse et les blessures. De petits enfants étouffent des malédictions le long des rivières. –

    Reprenons l’étude au bruit de l’œuvre dévorante qui se rassemble et remonte dans les masses. »

     

    Les spécialistes déploient depuis longtemps des trésors d’inventivité pour défendre leur favori, à la manière de théologiens qui essayent de vous prouver l’inverse de l’évidence. Cette poésie n’est pas illisible, non, elle n’a simplement pas de sens. Elle ne se comprend pas, mais tant mieux, ça ouvre des horizons interprétatifs (comprenez : on peut y voir ce qu’on veut et délirer à plein régime). Et ainsi de suite. Comme si l’on pouvait prendre plaisir à lire des textes qui n’ont pas de sens. Pourquoi ne pas lire de droite à gauche tant qu’on y est ? ça peut amuser un moment, mais ça lasse très vite.

    Ce qui se cache derrière Verlaine et Rimbaud, c’est la destruction de la forme et du sens. La poésie contemporaine, qui se réclame d’eux à corps et à cri, en est la preuve vivante (si j’ose dire). Résultat : un galimatias généralisé, du surréalisme à nos jours. Des pseudo-vers qui ne sont plus qu’un retour à la ligne, des vers de mirliton sans rythme, qu’on doit compter sur ses doigts ou se résigner à lire comme de la prose. Une poésie reléguée au placard de la littérature, aussi bien par les éditeurs que par les lecteurs.

     

    Verlaine et son ami, sans être les seuls coupables, sont largement responsables de cette situation, puisqu’ils ont fait glisser la poésie sur une pente qu’elle n’a cessé de descendre depuis. Il est nécessaire de faire ce constat, que même les plus grands contempteurs de la poésie contemporaine se refusent à faire aujourd’hui.

  • L'islam selon Fabius, Obama et cie

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    Depuis quelques jours, des dizaines d'experts souvent autoproclamés (Fabius, Obama, journalistes...) en histoire des religions nous expliquent que les islamistes de l'EEIL prêchent un faux islam, que l'islam ça n'a jamais été ça, que c'est tout fleurs et violettes. Les autorités musulmanes, après des années de silence écrasant, condamnent à tout va.

    La religion, dans l'affaire, ne serait qu'un prétexte. On aurait juste affaire à des bandits de grand chemin. Curieux prétexte, qui pousse les gens à risquer leur vie. Curieux "bandits" qui se mettent délibérément des états entiers à dos, sacrifient parfois leur existence en criant des formules religieuses. Clairement, s'il existe bien sur des gens qui ont envie de s'enrichir, en faire le seul moteur de l'action des terroristes est indéfendable.

    Je comprends bien aussi que le musulman moyen n'est pas comme ça, que ce n'est pas un djihadiste. Le communiste moyen, dans les années 50, n'était pas forcément gardien de goulag, et pensait souvent sincèrement œuvrer à un monde meilleur. ça ne fait pas pour autant de leurs idéologies globales des merveilles inoffensives.

    Qui plus est, distinguer entre un vrai islam et un faux islam, c'est une distinction de croyant monothéiste, pas d'intellectuel. Ceux qui se réclament d'un livre sacré d’une religion et basent leur vision du monde dessus, même de manière fantaisiste, font bien partie de la religion en question. Les cathares, par exemple, sont considérés par tous les historiens modernes comme des chrétiens, même s'ils sont un peu particuliers. De même pour les ophidiens, les aphtartodocètes et j'en passe. Un catholique vous dira que ce n'étaient pas des chrétiens, mais comme je l'ai dit, cela procède d'une logique dogmatique, qu'il est bien curieux de voir adopter par notre système politico-médiatique.

    Et tant qu'on y est, à parler de livre sacré, de califat, je ne sais pas où les gens qui disent que "l'islam ça n'a jamais été ça" ont appris ce qu'était l'islam, mais moi je n'ai pas souvenir que les califats du passé aient été, surtout au début, des exemples de douceur et de tolérance. Haroun Al Rachid, il est vrai, était plutôt chouette. Le calife Omar un peu moins.

    Pour ce qui est du prophète, qui demeure à moins que ça ait changé, le modèle du croyant musulman, il me semble bien aussi qu'il ait été plutot du genre belliqueux et intolérant. Il n'hésitait d'ailleurs pas trop à faire égorger ceux qui lui déplaisaient, de la poétesse Asma Bint Marwan aux prisonniers de guerre.

    J'aimerais donc savoir à quoi rime ce grotesque cours collectif d'histoire des religions donné par Fabius, Obama, les chaines d'infos et autres gugusses (rejoints, depuis avant hier par diverses autorités musulmanes), dans l'espoir de nous faire gober de pareilles insanités. Vous avez une idée ?

  • A quoi joue l'occident ? (3)

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    -Allo chef ? Faut pas livrer les navires Mistral ? Oui chef, Bien chef. C’est compris chef.

    On s’en doutait, voilà une preuve de plus : Porcinet est prêt à foutre tous les ouvriers de France et de Navarre au chômage pour obéir à ses maîtres et seigneurs. PSA avait déjà fermé une usine à cause de l’embargo sur l’Iran, décidé par la plus grande démocratie impérialiste du proche orient. Allez hop, 600 de plus ! Les intérêts étrangers avant tout !

    En Ukraine, les chienchiens de Washington ont remplacé ceux de Moscou, au nom de la démocratie. C’est beau. Un boxeur con comme ses pieds, une connasse à tresses, un milliardaire corrompu qui vend du chocolat de supermarché et le tour est joué. Bon ok, ça a magouillé sec à Maidan, y a bien quelques barbouzes qui ont tiré sur la foule déguisés en policiers, mais rien de très fâcheux au fond. Les forces du bien sont en marche. Le clown-idéologue BHL, les va-t-en guerre Mac Cain et Kerry, tous ont défilé pour afficher leur soutien. Porcinet, Cameron et la grosse conne allemande suivent bien sagement. On les a bien dressés.

    -Attends Cleomenes, tu déconnes ou quoi ? Poutine, c’est un vilain impérialiste ! Un méchant qui fait la guerre à tous les régimes fantoches que les américains mettent en place autour de la Russie pour l’encercler ! Y a pas pire !

    C’est pas pour être taoïste, mais faudra me dire ce que la France gagne à favoriser, entre deux impérialismes, le plus fort des deux. Elle n’aurait pas plutôt intérêt à ce que les forces s’équilibrent, par hasard ? Va falloir relire Machiavel les gars, ou au moins votre histoire romaine. Les états grecs qui soutenaient Rome contre la Macédoine ou le Pont ont fini en provinces romaines. Un état en déclin n’a aucun intérêt à se rallier à la superpuissance du moment. C’est la géopolitique la plus élémentaire. Les américains, eux, l’ont compris à la perfection, et font exactement ce que faisait Rome (la culture en moins) : ils favorisent systématiquement les pays faibles contre les pays plus dangereux, pour que personne ne puisse leur disputer la prééminence.

    Pendant ce temps, en Irak, le bordel organisé par l’Occident et les émirats du Golfe depuis des années porte ses fruits. Ce qui, au passage, a transformé les chrétiens irakiens en perles précieuses, alors que les chrétiens syriens, eux, peuvent crever sans que personne n’en ait rien à foutre. Sacré Fabius ! Ah, et y a aussi les Yézidis. Un peu comme le triple A, le truc dont personne n’a jamais entendu parler et que les médias nous rabâchent jusqu’à ce que tout le monde le connaisse par cœur. Je vous la fait courte, les yézidis, ils croient en l’ange paon (si si), mandaté par Dieu pour diriger le monde. Un truc sérieux.

    Ça tombe bien quand même cet EIIL (qui en anglais s’appelle ISIS, le nom d’une déesse païenne… Pour des musulmans rigoristes, ça ne manque pas de sel). Juste au moment où l’arc chiite commençait à ennuyer les USA et cie, ces cinglés débarquent pour affaiblir l’Irak. Quelle coïncidence miraculeuse ! Et en passant, comment ces mecs, qui se faisaient défoncer il y a 6 mois par d’autres rebelles syriens, eux-mêmes en grande difficulté contre l’armée syrienne, arrivent maintenant à battre à plate couture l’armée irakienne ? Miracle mon frère ! God bless you !

    Au fait, l’Etat islamique, faut pas l’appeler Etat islamique il parait. Parce que ce n’est pas un état, et qu’il n’est pas islamique, mais alors pas du tout. Il faut donc l’appeler Daesh, ce qui signifie… la même chose en arabe. Et n’ironisez pas là-dessus, surtout, ce serait jouer sur les mots.

  • Un singe socialiste: le bonobo

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    Le bonobo est, selon les scientifiques, qui comprennent si bien le monde, un animal très proche de l’homme. Il a en effet plus de 95/100 de gènes en commun avec nous. A vrai dire, il est surtout très proche du socialisme et de la pensée ambiante. Jugez plutôt : peu bagarreurs, au contraire des chimpanzés, les bonobos passent leur temps à s’enculer. Ils pratiquent diverses positions, et beaucoup d’entre eux ont des relations avec les individus de même sexe. En outre, ce sont, chez eux, les femelles qui prennent les décisions importantes. Il n’en faut pas plus aux décadents actuels pour admirer cette merveilleuse espèce, par ailleurs en voie d’extinction. Les grands esprits se rejoignent, décidément.

    Transformer chaque jour un peu plus les hommes en mendigots pacifico-nihilistes auto-introspecteurs enculeurs travailleurs (comme dirait Céline), voici la noble tache que se sont donnés certains intellectuels et médias. Comme le bonobo, l’européen moderne ne fera pas la guerre (sauf quand l’Amérique et ses alliés le lui ordonnent). Comme lui, il n’aura d’attention, de passion que pour son service trois pièces, laissant la politique aux grandes personnes. Pour l’harmonie de son couple, il inversera les stupides schémas patriarcaux, pour laisser place au matriarcat, d’après les excellents conseils des folisophes féministes anglo-saxonnes.

    On nous montre certes beaucoup d’animaux à la télévision. Mais ce qu’on propose en exemple, en modèle pour l’homme, ce n’est ni la liberté du papillon ou du cheval sauvage, ni la beauté élégante des panthères, mais un grotesque singe obnubilé par sa bite. Ça ne s’invente pas. 

  • Esclaves et captives dans l'art du XIXème

    Contrairement à ce qu’on veut généralement faire croire, l’art n’est pas forcément chiant à mourir. La preuve avec la sélection d’œuvres que vous a préparé votre serviteur sur le thème de  l’esclavage et de la captivité. Sujet par excellence qui permettait aux artistes du XIXème siècle de peindre des scènes délicieusement coquines, voire un peu sadiques.

    A tout seigneur tout honneur : Jean Léon Gérôme est le maître du genre et a réalisé de nombreux tableaux sur le sujet. Les deux premiers se déroulent à Rome :

    Gérome

    Gérome vente d'esclaves à Rome 1886On notera que les tableaux fourmillent de détails, que l’on ne remarque pas au premier coup d’œil : par exemple, dans la première œuvre, le secrétaire consciencieux, assez détaché de la scène ; dans la seconde, l’esclave en bas à gauche qui attend de se déshabiller.

    La première esclave semble, au passage, beaucoup plus intéresser que la seconde (amusant, car il s'agit probablement du même modèle). Le regard assez circonspect de plusieurs spectateurs semble le confirmer. Aurait-elle un défaut caché que le tableau ne montre pas ?

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    A voir aussi, ce petit chez d’œuvre, du même auteur, dans lequel une esclave se fait observer les dents comme une bête. Détail qui résume son abaissement, avec un érotisme évident (elle semble regarder l’homme qui l’examine dans les yeux). Il faut être complètement hermétique au sm pour ne pas trouver ça bandant.

    gérome esclave

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     Toujours en Orient, un tableau de José Jimenez Aranda. Remarquez l’angle particulier, qui laisse deviner les acheteurs potentiels autour de la jeune femme, qui porte autour du cou, en grec « Rose de 18 ans, 800 pièces ». Elle regarde vers le sol, rougissant de honte. Adorable.

    Jose Jimenez Aranda slave

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     Dans le même style, mais sans doute plus classique, Escrava Romana d’Oscar Pereira da Silva (les brésiliens ne sont pas bons qu’à  taper dans un ballon, ils savaient aussi peindre dans le temps). Le panneau indique que la demoiselle a 21 ans et qu’elle est vierge. Elle parait un brin farouche vu sa situation, et semble souffrir d’un problème à la main droite (probablement le résultat de ses nuits solitaires), mais gageons que ça n’arrêtera pas les amateurs. 

    escrava romana oscar pereira da silva

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Plus pudique, The assyrian captive d’Edwin Long :

     the assyrian captive edwin long

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     Un classique à présent : Brennus et sa part de butin de Paul Jamin. Le sourire triomphal du chef Gaulois vaut à lui seul le détour, et que dire de ces appétissantes romaines qui pousseraient n’importe quel mec, Lagerfeld mis à part, à grimper sur le Capitole ? Celle de gauche semble avoir fumé un truc (normal me direz-vous), sa copine veut se cacher le visage, une troisième s’en remet aux dieux, et ses deux voisines, probablement les plus rebelles du groupe, sont joliment ligotées. A consommer sans modération.

    Brennus et sa part de butin Paul Jamin

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    En parlant de ligotage, St George Hare, un peintre irlandais, semble être un spécialiste du genre. Pour commencer, « la cage dorée ». Les deux papillons suggèrent une histoire d’amour (madame a peut être un amant, et considère que le mariage est une cage dorée). La pauvre dort enchainée. Espérons que ça s’arrange.

     the gilded cage st George Hare

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Dans le même style, Victory of faith (on comprend mieux pourquoi les Romains persécutaient les chrétiens à présent). Hilarant exemple de prétexte pieux pour représenter des nanas lascives, enchainées et à poil, avec en prime un saphisme évident. Les martyrs doivent se retourner dans leur tombe…ou regretter de ne pas avoir connu ces petites bigotes.

     St George Hare Victory of Faith

     

     

     

     

     

     

     

    Le meilleur pour la fin (ou presque) : Before punishment de Ferencz Franz Eisenhut. Deux esclaves, les pieds entravés, attendent de gouter à une charmante tradition orientale, la falaka (des coups de bâton sur la plante des pieds). On ne sait pas trop ce que la rousse fait avec un coussin sous les reins, mais c’est assez cocasse. Quant à leur garde, il regarde ailleurs, l’imbécile.

    Ferencz Franz Eisenhut Before punishment

     

     

     

     

     

     

     

    Pour finir, et afin que la sculpture ne soit pas oubliée, l’esclave grecque d’Hiram Powers. Amérique oblige, elle a une croix dans la main, histoire de sanctifier un peu tout ça. Selon l’artiste, qui voulait surement nous faire fréquenter plus souvent les églises, elle serait un modèle de chasteté et de pureté chrétienne. Il est à craindre que cela ne dure pas.

    Hiram Powers, The greek slave

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    On aura remarqué que globalement, les artistes cités ici ne sont pas ou peu connus du grand public, et qu’on peut ouvrir des dizaines d’ouvrages d’histoire de l’art sans voir une de leur toiles. C’est bien normal après tout. Où irait le monde si la culture était amusante ? On occulte donc soigneusement tout cela et l’on somme les gens de s’emmerder avec Cézanne, Manet et leurs copains.

    Quant aux toiles que je viens de présenter, il est de bon ton de rire de leurs anachronismes (comme si l’intérêt de ces toiles était dans l’exactitude historique), de moquer l’érotisme pour bourgeois qu’elles représentent (youporn est tellement plus démocratique), voire, en bon curé socialo-féministe, d’en dénoncer les perversions. On pourrait passer des heures à réfuter ce ramassis de conneries accumulé par les ennemis de l’académisme depuis la fin du XIXème. Mais, plus simplement, il suffit de voir avec quelle peinture on s’amuse et avec laquelle on s’ennuie.