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Histoire

  • Thulé, le soleil retrouvé des Hyperboréens, de Jean Mabire

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    Après la wicca, les pseudo-chamans, et toutes les conneries prétendument païennes dont le monde contemporain est rempli, plus rien ne saurait m’étonner. La lecture de Jean Mabire, pourtant, a presque réussi ce tour de force. Je m’étais promis depuis longtemps de lire son livre consacré à la société Thulé, car le bougre est l’un des rares francophones à aborder le sujet passionnant des résurgences païennes en Europe au début du 20ème siècle. Et en un sens, je n'ai pas été déçu.

    Tout d’abord la forme. Jamais je n’ai vu une grandiloquence aussi facile et aussi permanente. N’étant pas de gauche, je n’ai rien contre les adjectifs, et le style dépouillé d’Albert Camus me fiche la nausée. Mais quand même, est-il bien raisonnable qu’une phrase de vingt mots colle un adjectif à chacun de ses cinq noms communs ? A moins d’avoir une intention satyrique ou humoristique, c’est évidemment surchargé. On croirait voir la rédaction d’un gamin qui a trop lu Théophile Gautier. Autre souci : presque chaque chapitre se termine comme une page de tintin, et fabrique un suspens artificiel digne d’un roman feuilleton. Autant dire que ça commence mal.

    Mais il y a bien pire. Jean Mabire, qui ne cesse de se dire historien, et de critiquer les illuminés qui disent que le Bouddha parle de l’Atlantide, n’a pas le début d’une once de méthode historique. Son œuvre est pleine de parti pris, de postulats, de raccourcis. Il relie le succès de Gobineau en Allemagne avec l’essor des sciences historiques, qui est bien antérieur (on le fait remonter habituellement à Friedrich August Wolf, mort en 1824, quand Gobineau avait 8 ans…), et n’a donc aucun rapport avec cet écrivain. Il situe avec autorité le foyer originel des Indo-Européens en Scandinavie, ce qui est loin d’aller de soi. Il balaye d’un revers de main l’idée de romantisme français, car dit-il, Victor Hugo sonne faux et Musset papillonne dans les salons, pour exalter ce grand niais de Bernardin de saint Pierre. Oui, cet auteur dont l’héroïne, Virginie, est une bigote catholique ridicule qui crève en voulant nager toute habillée, parce qu’à l’instar de nos burkini-girls, elle ne veut pas montrer ses cuisses. Si c’est là le fameux « retour à Thulé », je n’en serai pas, je le crains.

    Le point commun de toutes ces démonstrations plus ou moins bien étayées : une germanophilie sans doute un peu trop passionnée, et un parti pris anti-français regrettable. Ainsi qu’un intérêt prononcé pour l’antiquité auquel, hélas, il manque la culture antique. Etonnant, surtout de la part d’un bibliomane.

    On entend ainsi parler du « césarisme à l’orientale » de Napoléon. Je ne savais pas que César avait puisé ses modèles politiques en Orient. Quant aux Grecs (dont la civilisation, pour Jean Mabire, semble se résumer à l’expédition de Pythéas et à Sparte), on leur reproche leur « gout de l’égalité », comme si l’isonomie, à savoir l’égalité devant la loi, à laquelle étaient attachés les contemporains de Périclès, avait un quelconque rapport avec l’égalité prônée par la gauche actuelle. Si c’était le cas, d’ailleurs, on se demande bien comment Nietzsche, grand contempteur de l’égalitarisme, aurait vu dans la Grèce antique l’une de ses sources d’inspiration majeures.

    On apprend en outre que l’essentiel des philosophes européens sont Allemands. Platon, Aristote, Plotin et bien d’autres auraient été ravis de l’apprendre. Mais passons.

    Notre auteur a encore un autre défaut : celui de ne retenir, chez tel ou tel personnage, que ce qui arrange sa démonstration. Il nous fait ainsi l’apologie d’Henri de Boulainvilliers, écrivain et astrologue, qui renoue, par ses considérations sur la race et sa croyance au fatalisme, avec l’esprit nordique. Je ne savais pas les Scandinaves anciens férus d’astrologie, cette pseudo-science si typiquement orientale…

    Parlons aussi du fameux Sebottendorf, astrologue également, mais aussi aventurier et activiste politique, qui est le héros du livre. Le bonhomme, présenté comme l’un de ceux qui, au XXème siècle, renoue avec la tradition indo-européenne, a combattu dans l’armée turque lors de la guerre des Balkans, soit contre les Grecs, les Serbes et les Bulgares. Contre des Européens, donc, qui cherchaient à se libérer de la domination ottomane. J’adore, vraiment. Avouons que pour quiconque se prétend européen, il y a de quoi voir rouge. Mais comme cela n’arrange pas la démonstration du livre, ce n’est mentionné qu’en passant, pour donner au « baron » (en réalité de famille ouvrière) un alibi militaire bien pratique, censé, j’imagine, le dédouaner de sa passivité pendant la première guerre mondiale… Pendant la seconde, devenu consul dans sa chère Turquie, il ne sera connu que pour fournir aux services secrets allemands des histoires à dormir debout. Mais comme cela ne grandit pas le personnage, notre historien oublie d’en parler.

    A vrai dire, tout cela est navrant. Jean Mabire pourrait écrire très bien, s’il ne versait pas dans le lyrisme permanent et dans le suspens facile. Il pourrait être passionnant, s’il traitait vraiment le sujet qu’il aborde, au lieu de le survoler en ne retenant que ce qui l’arrange. Il gagnerait beaucoup aussi à ne pas réduire l’Europe au monde germano-scandinave et à ne pas reprendre les préjugés antiromains et antifrançais de la frange la plus bête des germanisants des années trente (que Hitler lui-même raillait d’ailleurs à longueur de temps, car il adorait l’empire romain, et se voyait bien davantage héritier des Grecs que des Germains, soit dit en passant)

    Dernière chose, quitte à me faire des amis : ce livre m’a rappelé ceux de Christopher Gérard, autre écrivain païen de droite et accessoirement lecteur de Jean Mabire, que je devrais logiquement apprécier, mais qu’au final je ne parviens pas à aimer. Même gout un peu outré du beau style, même genre de grandes formules censées tout résoudre, même tendance à se répéter encore et encore, même érudition ostentatoire et creuse. Faire l’éloge de l’empereur Julien, dernier grand empereur de Rome, qui a tenté de s’opposer au double raz-de-marée de l’Eglise et des barbares, c’est très bien. Encore faut-il avoir des choses à dire, et ne pas répéter toujours le même paragraphe de livre en livre. Je connais un ancien facteur qui pourrait parler de cet empereur des heures durant. Il est fâcheux de voir l’auteur d’une dizaine de livres, agrégé de lettres classiques, ne pas savoir en faire autant. Jean Mabire a le même souci : il aligne les noms, sans jamais savoir en dire grand-chose. Il brasse très large, mais ses références lui glissent comme du sable entre les doigts. Au final, il ne reste rien, à part de la politique.

    C’est, au fond, tout le problème de la droite identitaire actuelle : elle adore l’histoire, mais ne la connait que de manière superficielle. Catholique, elle exalte un baptême de Clovis dont l’historicité reste à prouver, et ce taliban de saint Martin, qui a passé sa vie à démolir le patrimoine architectural gallo-romain. Païenne, elle idolâtre Sparte et les Vikings, en ignorant superbement à peu près tout le reste. Si par miracle on lit Homère ou Plutarque, c’est en traduction. Et surtout, surtout, c’est pour en retenir, comme le camp d’en face, des leçons apprises à l’avance. Résultat : une antiquité, au pire fantasmée, au mieux de seconde main. Une caution, non une source d’inspiration réelle. On exalte les Thermopyles pour en tirer une leçon de patriotisme, comme un gauchiste appellerait à son secours les Gracques pour justifier son envie de s’emparer des sous du voisin. Cette antiquité de façade et de propagande ne m’intéresse pas. Non pas certes que je me refuse à tirer des leçons politiques ou morales de l’histoire. Mais une certaine finesse ne serait pas de refus.

    Machiavel, auquel la droite inculte de Valeurs Actuelles compare Macron, me parait un très bon exemple de ce que peut donner une analyse du présent à la lumière du passé. C’est que Machiavel, à la différence des grands esprits actuels, lisait vraiment les auteurs anciens, et n’y cherchait pas la confirmation d’opinion préétablies. Il adore Tite-Live, mais n’hésite pas à le contredire. Et ses critiques viennent d’une réflexion authentique, sans être cousues par le fil blanc d’une idéologie qui explique tout à l’avance.

    La droite identitaire actuelle fait tout le contraire : elle joue avec l’antiquité, elle s’en sert comme d’une référence illustre pour intimider les gauchistes, dont la connaissance historique est, il est vrai, très limitée quand on remonte au-delà de 1789. Mais au fond, les gens comme Alain de Benoist sont plus à l’aise avec Ernst Jünger ou René Guénon qu’avec Plutarque ou Xénophon.  Ils connaissent mieux la Révolution conservatrice allemande que l’aristotélisme ou le platonisme. Ils consacrent, comme Jean Mabire, plus de pages à Rudolf von Sebottendorf qu’à Pythéas de Marseille. C’est, ma foi, un véritable cas d’école montrant le fossé qu’il peut y avoir entre la culture revendiquée et la culture réelle. Un peu comme un homme qui se dirait wagnérien, mais n’écouterait que du Mozart. Ce n’est, en fait, que l’équivalent païen du catholique moyen, qui se réclame des Evangiles, mais lit plus volontiers des auteurs contemporains que saint Jean ou saint Luc…

    Poussé à l’extrême, cela donne les « Identitaires » qui n’ont que Poitiers, Lépante et les Thermopyles à la bouche. La lutte entre Occident et Orient est certes une réalité de l’histoire. Mais schématisée, simplifiée, romancée à ce point, elle n’est plus qu’un jouet politique, si grossier qu’il ridiculise ceux qui y font référence. Ces mecs qui arborent le lambda d’une ville dont ils ne connaissent à peu près rien pour justifier leur rejet de l’immigration tendent la perche à leurs adversaires. Leurs coups de com ne changent rien, et ne font que donner l’occasion à BFMTV de s’inquiéter de la montée des extrêmes. On est là dans l’agitation bête et méchante. Une véritable réaction nationale n’a pas ce côté provocateur et groupusculaire : elle s’impose comme une évidence.

    Tout comme les gesticulations des Identitaires, l’aboutissement du « retour à Thulé » parle de lui-même. Avec Sebottendorf, qui en est l’étendard, cela n’a abouti qu’à combattre pour l’armée turque contre les Grecs, à mener des complots de conventicule, et à fonder une sorte de franc maçonnerie de droite groupusculaire, qui n’est connue que parce qu’une de ses branches a cofondé le DAP, devenu ensuite NSDAP. Ce qui a poussé pas mal d’illuminés à échafauder des théories folles, et à prêter à ce brave « baron » une importance démesurée. Croire qu’Hitler doit, ne serait-ce qu’en partie, son essor à la société Thulé tient du délire, car un pareil animal politique aurait percé d’une façon ou d’une autre dans l’un des innombrables groupes d’extrême droite qui fleurissaient à l’époque, à cause de la défaite de 1918 et de l’agitation communiste qui menaçait toute l’Europe. Notons d’ailleurs que l’essor du DAP ne doit rien à Sebottendorf, qu’il ne comptait qu’une cinquantaine de membres lorsque Hitler y a adhéré, et que ce sont les talents d’orateur de ce dernier qui ont seuls donné vie à ce parti, qui végétait jusqu’alors.

    Mais tout cela ne désarçonne aucunement nos « hyperboréens », dont certains, après-guerre, semblent avoir des leçons à donner, notamment sur la conduite de la seconde guerre mondiale. Il n’aurait, parait-il, pas fallu s’allier à l’Italie, ce qui aurait, dans la pensée stratégique simpliste des amis de l’auteur, épargné à l’Axe l’aventure africaine de Rommel. Comme si l’Allemagne pouvait se permettre d’ignorer le sud (qui il est vrai, n’a pas les faveurs de Jean Mabire), et cette Méditerranée (décidément trop peu hyperboréenne) sur laquelle régnait l’Angleterre. Il ne vient pas une seconde à l’idée de ces grands stratèges qu’avec une Italie neutre, voire basculant du coté allié comme en 14-18, c’était la catastrophe assurée. L’Italie ne s’est certes pas distinguée, mais sans sa flotte, sans ses bases aériennes, les anglo-américains auraient eu quartier libre pour attaquer dès 1942 le flanc sud de l’axe. Et pour acheminer troupes, pétrole et matériel en quantité astronomique sans problème. Même un gamin de 15 ans qui joue aux wargames pourrait s’en rendre compte.

    Bref, pour qui s’intéresse aux Indo-Européens, à l’entre-deux-guerres ou au mysticisme national-socialiste, il y a largement mieux, à commencer par les encyclopédies en ligne, qui proposent sur ces sujets des textes bien plus solides et consistants. Plus qu’à un livre d’histoire, on a ici affaire à une sorte de patchwork mêlant des théories fumeuses, des biographies succinctes, des raccourcis et parti-pris en tout genre et une insupportable grandiloquence. Qu’une bouillie pareille soit un des livres de référence de la droite néopaïenne actuelle en France est à la fois surprenant et révélateur. A force de lire des bêtises pareilles, le chef de file de la nouvelle droite, Alain de Benoist, grand ami de Jean Mabire, en vient d’ailleurs à voter Mélanchon. Le fameux retour à Thulé, j’imagine.

  • Les Talibans en Amérique

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    Les ignorantins de gauche ont encore frappé. Enfin, pas chez nous au moins, mais, pour une fois, aux Etats-Unis. Ça fait des années qu’on se tape des histoires de poissons pédés, d’hommes-femmes et j’en passe, ça ne peut pas toujours tomber sur nous. Dernier combat en date : déboulonner les statues sudistes des Etats Unis, à commencer par celles du général Lee. Don Quichotte attaquait bien les moulins.


    Au menu : désinformation historique et simplifications grossières en tout genre, scènes dignes d’un péplum biblique (où de la prise de Mossoul par l’état islamique) où l’on brise les idoles des méchants, émeutes fabriquées de toutes pièces avec quelques hurluberlus suprémacistes qui seraient parfaitement insignifiants si les médias ne montaient pas l’affaire en épingle. Et bien sûr, un martyr à la Guy Moquet, souvent un pauvre gamin jeté en pâture aux vilains et censé prouver la justesse de la cause. La gauche adore envoyer des gosses au charbon contre les fachos pour disposer d’un argument de plus. Tertullien, avec son histoire de sanguis martyrum, avait déjà bien compris le stratagème.


     Du coup, évidemment, on ne peut plus imaginer une seconde défendre ces statues, elles ont fait un mort quand même ! Faut obligatoirement être un méchant néo-nazi et tout et tout ! Pour ma part, je me fous de la guerre civile américaine comme de mes premières chemises, mais quand même, on va effacer du passé de chaque pays tout ce qui n’est pas de gauche ? Les grands hommes n’en seront plus s’ils sont suspectés d’avoir été un peu xénophobes sur les bords ? Et quand nos historiens du dimanche auront découvert que les adversaires de Lee, comme le général Custer, ont massacré les Indiens, on jettera les statues du camp adverse à la poubelle aussi ? On nage en plein délire.


    Tout ça, j’oubliais de le préciser, vient de gens qui nous bassinent à longueur de journée avec la Mémoire et les commémorations pas assez commémorées. Imaginons que les hommes du futur soient tous socialistes et divisent le monde entre gentils et méchants, ils comprendront quoi, au juste, si on efface tous les vilains des manuels ? En admettant d’ailleurs que le général Lee soit vraiment un salopard et un traitre, comme le prétendent des sous merdes qui n’ont surement jamais combattu pour leur pays ni ouvert un livre d’histoire. C’est bizarre quand même, les Américains d’il y a quelques décennies (1975) avaient rétabli feu Robert Lee dans ses droits civiques. Un célèbre modèle de char de la seconde guerre mondiale porte son nom. L’Amérique qui a combattu le nazisme célébrait donc un infâme monstre raciste ?


    Ou alors, mais j'ai sans doute l’esprit mal tourné, l’Amérique de la seconde moitié du vingtième siècle avait plus de recul, un regard plus apaisé sur son passé. Elle était capable, peut-être, de regarder, au-delà des erreurs personnelles, les qualités d’un homme qui en avait surement, notamment d’un point de vue militaire.


    Chez nous, Jospin et consorts crachent depuis longtemps sur Napoléon, qui a fait la moitié de la France actuelle, sous prétexte qu’il n’était pas de gauche. Un peu comme un islamiste condamnera un poète préislamique, aussi brillant soit-il, parce qu’il ne partageait pas sa foi. A défaut de nous enseigner l’histoire, ces gens nous auront appris ce qu’est la haine de soi.

  • Féminisme et langue française

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    Depuis quelques années, les féministes, qui ne sont pas à une connerie près, essayent de faire gober aux français une série de néologismes ridicules qu’on est sommé d’accepter sous peine d’hérésie : préfète, soldate, et même… autrice (oui oui, c’est le féminin d’auteur). En dépit de leur agressivité habituelle, d’une exposition médiatique importante de leur théories fumeuses et du soutien d’un certain nombre de ministres (ou devrais-je dire : de ministresses) il faut avouer que les français sont plutôt réticents.

    Loin de moi l’idée de me réclamer de l’académie française, remplie de vieux croulants de moins en moins lettrés. Mais on sent bien qu’il y a un problème, et qu’en dehors du microcosme politico-médiatique, personne ou presque ne se risque à utiliser ces nouvelles formes. Pour quelles raisons ? Nos idéologues de service ont bien sur des réponses toutes trouvées : sexisme endémique de la société, poids des traditions patriarcales, voire carrément sexisme de la langue française. Ben voyons.

    Une chose semble échapper à tous ces beaux esprits : en français comme ailleurs, on ne forme pas les mots comme on veut. Tout cela obéit à l’histoire de la langue et à des règles internes qui ont leur cohérence et n’ont rien à voir avec la domination patriarcale. Le suffixe –esse par exemple, qu’on trouve dans le féminin prophétesse, remonte, par l’intermédiaire du latin, aux féminins grecs en –issa, dérivés de basilissa, la reine, un mot hellénistique créé pour éviter les confusions de l’ancien mot, basileia, qui pouvait aussi signifier la royauté. Je ne connais pas assez la linguistique et l’histoire de la langue française pour dire en vertu de quoi certains mots ont pris ce suffixe et d’autres non, mais mon petit doigt me dit que ça n’a rien à voir avec la domination masculine et « l’outrecuidance phallique ».

    Histoire de rire un peu, voici d’ailleurs un superbe exemple d’ignorance crasse, entendu sur France 24 dans l’émission Actuelles. Le « féminicide ». Homicide étant, dans l’esprit de ces débiles le meurtre d’un homme. Pas de bol, homicide vient du latin homo, qui désigne l’être humain en général (une femme pouvant parfaitement dire « homo sum », même chez le très machiste Juvénal). L’homme, avec un service trois pièces, c’est vir (qui a donné le mot viril, si détesté par nos  militantes du progrès). D’où l’absurdité de ce néologisme, qui finira oublié dans les musées de la connerie féministe.

    Second problème : on ne change pas une langue par décrets. C’est l’usage des locuteurs qui décide du destin d’un mot. Si le français moyen considère que le mot « soldate » est ridicule, et pas les mots « tueuse » ou « actrice » il en a le droit. Ça s’appelle le sentiment qu’il a de sa langue, et aucun sectaire, même avec un doctorat de linguistique, ne peut le sommer de parler de telle ou telle manière.

    On se demande bien d’ailleurs où les « linguistes féministes », comme Edwige Khaznadar, dont les ¾ des considérations et des références bibliographiques ne sont pas linguistiques, mais idéologiques, ont bien pu avoir leur diplôme. Elle non plus n’a pas compris que le mot homme veut avant tout dire « être humain » et que s’il désigne aussi l’individu de sexe masculin, c’est en fonction de processus séculaires très complexes qu’on ne saurait expliquer par des considérations morales. Mais qu’importe l’histoire et l’étymologie, notre brave dame fait des enquêtes chez quelques dizaines de gugusses et croit pouvoir ainsi cerner le « vrai sens » du mot. « Vrai sens » ? C'est-à-dire ? Ce mot, comme beaucoup d’autres, a plusieurs sens, qui varient en fonction des époques, des régions, des personnes… En vertu de quoi le sens étymologique, qui en outre est le plus abstrait et général, serait illégitime ? On croit rêver.

    Le monde a besoin de savants armés d’une méthode rigoureuse, non d’idéologues qui pensent que leurs diplômes rendent scientifiques leur prêchi-prêcha moral. Tout ce qui sort de la bouche d’un historien n’est pas science historique. Les historiens de gauche et autres linguistes féministes feraient bien de s’en aviser.

     

    Pour aller plus loin, je vous conseille notamment l’article d’Antoine Meillet « le nom de l’homme » disponible ici :

    http://ctlf.ens-lyon.fr/t_voirtexte.asp?num=1040&fic=5314_fr_Meillet_1_T16&aut=Meillet, Antoine&txt=1&hd=1

    Ceux qui auront le courage de lire ce texte, probablement affreusement sexiste, constateront qu’il est basé sur une science beaucoup plus solide que la bouillie idéologico-moraliste de Mme Khaznadar et ses compères. Que M. Meillet n’avait pas besoin de faire des micro-trottoirs avec un dessin de femme préhistorique pour constater que « pour le sentiment d'un Français du peuple, le mot ‘homme’ désigne avant tout l'opposé de la femme. » Et qu’en outre, le double sens du mot homme en français n’a rien à voir avec la « mentalité archaïque », puisque c’est une innovation du français et de l’anglais par rapport aux langues indo-européennes plus anciennes (latin, grec, germanique, sanscrit…)

  • Alésia ? Connais pas !

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    Notre président, qui vient de « panthéoniser » à grand bruit quatre illustres inconnus, n’a pas daigné envoyer le moindre représentant du gouvernement pour le bicentenaire de la bataille de Waterloo. Le moment était pourtant parfaitement choisi pour bêler des couplets de paix union-européistes en chœur avec d’autres dirigeants. Et puis merde, une défaite française, une victoire des étrangers, ça devrait inspirer tout socialiste digne de ce nom ! Raté, notre classe dirigeante fait une allergie tellement aigue à Napoléon qu’elle refuse même de commémorer ses revers. Porcinet a préféré célébrer ce non-évènement complet qu’est l’appel du général de Gaulle. Dommage, y a de bons petits restos près de la butte du lion, bobonne aurait sans doute été ravie.

    Y a pas à dire, ces gens ont autant le sens de l’histoire qu’un cro-magnon avait le sens de l’astrophysique. On célèbre avec tambours et trompettes des gugusses qui ont tout au plus fait dérailler un train allemand en 40, on commémore un appel à la radio qu’à peu près personne n’a entendu, et on ignore superbement une bataille qui a fait basculer l’histoire de l’Europe en une journée. C’est à mourir de rire. Pareille connerie devrait être punie par des lectures obligatoires à la pelle.

    Voilà à quoi mène la pensée ambiante en général et le socialisme en particulier : une totale incapacité à hiérarchiser les hommes, les œuvres, les évènements. Il y a des gens qui ne savent plus faire la différence entre un évènement majeur de l’histoire et une anecdote, entre un grand auteur et leur écrivain favori, entre  un bâtisseur de civilisation et un aventurier parmi cent autres. On met Jean Moulin au même niveau qu’Alexandre le grand et Sedhar Senghor à coté de Victor Hugo. Résultat : une confusion générale, une profusion de fantômes, une vraie caverne de Platon à grande échelle, où l’on fait défiler des ombres sans consistance oubliées sitôt évoquées.

     

    Cela ne veut pas dire pour autant que les hommes lambda ne font pas l’histoire. Soyons honnêtes : le dernier des trouffions présent à Waterloo a fait davantage l’histoire que les ¾ des bonhommes des années 39-45 dont on nous rabâche les oreilles à longueur de temps. La preuve ? On parlera sans doute encore de l’épopée napoléonienne dans des siècles. Pas sûr que ce soit le cas de Jean Zay et cie.

  • Saint Paul, ce névrosé

     

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    Il faut bien le dire : la morale sexuelle de l’Europe, pendant plus d’un millénaire, a eu pour base les élucubrations d’un névrosé qui haïssait les femmes, le sexe, le corps et j’en passe (tout va de pair généralement), à savoir Saint Paul. 

    Sublime morale judéo-chrétienne ! Désormais, les femmes, ontologiquement inférieures à l’homme (à cause du péché originel) n’ont plus le droit de porter des bijoux, ni de beaux vêtements. Même les tresses sont interdites. Les nanas sont juste bonnes à prier et à fermer leur gueule. Et si elles restent vierges, c’est encore mieux. L’idéal de Paul, ce fabriquant de tentes qui ne sait même pas conjuguer le verbe savoir, ce sont les filles qui restent pucelles à vie et les bonhommes qui, comme lui, ne jouent jamais à la bête à deux dos.

    On va me dire mauvaise langue. Il suffit de lire la première épitre aux Corinthiens pour voir que je n’exagère rien. Dans ce texte assez amusant si on le lit de façon détachée, Paul donne toutes sortes de préceptes « moraux » à des chrétiens récemment convertis, qui, les coquins, allaient encore aux putes de temps en temps.

    Avec Paul, fini la liberté sexuelle. Les relations sexuelles hors mariage ? Interdites. Les prostituées ? Interdites. Les pédés ? Voués à la damnation. Et tout le reste est à l’avenant. Il faut toutes les ressources de l’exégèse pour transformer ces prescriptions d’ayatollah en « liberté ». Il est même dit que les femmes doivent être voilées. Du Mahomerde avant l’heure.

    On me dira que le voile était monnaie courante à l’antiquité. Mais entre le port habituel d’un voile dans la méditerranée antique et la théorisation de ce port, justifié par des raisons religieuses, en signe de sujétion à l’homme, il y a un gouffre qui n’échappera qu'aux plus abrutis.

    Les Romains, à l’époque, avaient encore la tête sur les épaules: ils ont fait décapiter ce dangereux hurluberlu dès que possible. Hélas, le mal était fait. Ce maboul avait déjà écrit de quoi bourrer le crâne de 50 générations, comme quoi le principe de précaution ne va jamais assez loin.

     

    Tribunaux religieux, femmes voilées et réduites au rang de sous merdes, interdits sexuels à foison, obsession sur la virginité et les pédés. Voilà l’œuvre morale et intellectuelle de ce Saint Paul dont les chrétiens n’osent plus lire à la messe que des morceaux soigneusement choisis. Toute lecture honnête, intégrale et non trafiquée ferait fuir les ¾ d’entre eux, et montrerait aux autres que les textes fondateurs du christianisme ne valent pas mieux qu’une fatwa pakistanaise.