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Discours de Maurice Allard (1905)

Marice Allard député socialiste

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il fut un temps où l’on pouvait être député sans être inculte et socialiste sans être l’idiot utile des religieux. La preuve avec ce discours de Maurice Allard, lors du débat parlementaire sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1905.

« Il faut le dire très haut : il y a incompatibilité entre l’Eglise, le catholicisme ou même le christianisme et tout régime républicain. Le christianisme est un outrage à la raison, un outrage à la nature. Aussi je déclare très nettement que je veux poursuivre l’idée de la Convention et achever l’œuvre de déchristianisation de la France qui se poursuivait dans un calme parfait et le plus heureusement du monde jusqu’au jour où Napoléon conclut son Concordat (…) Pourquoi nous républicains, et surtout nous socialistes, voulons-nous déchristianiser ce pays ? Pourquoi combattons-nous les religions ? Nous combattons les religions parce que nous croyons, je le répète, qu’elles sont un obstacle permanent au progrès et à la civilisation. Le jour où le dieu anthropomorphe des Juifs quitta les bords du Jourdain pour conquérir le monde méditerranéen, la civilisation disparut du bassin de la Méditerranée, et il faut remercier les empereurs romains qui ont combattu de toutes leurs forces cette philosophie puérile et barbare, si contraire au panthéisme et au naturalisme de notre race ; il faut remercier Julien l’apostat qui fit tous ses efforts pour combattre le fléau (…)

 Et plus tard, quand le christianisme quitta Rome et la Grèce, où il avait étouffé toute civilisation et où il n’avait laissé que ruines et décombres, et arriva en France, il n’y eut plus en notre pays ni arts, ni lettres, et surtout ni sciences.

 Il fallut la Renaissance, il fallut la Révolution pour redonner au cerveau de notre race sa véritable puissance de normale évolution et sa possibilité de progrès. Sous l’influence du judéo-christianisme, toute lumière avait disparu ; il n’y avait plus que ténèbres. Aujourd’hui encore, combien de progrès ne sont pas réalisés parce que nous trainons derrière nous ce lourd boulet de judéo-christianisme avec son cortège de mensonges et de préjugés traditionnels.

 Nous combattons donc la religion parce que nous voyons dans la religion le plus grand moyen qui reste entre les mains de la bourgeoisie, entre les mains des capitalistes pour conserver le travailleur dans un état de dépendance économique. Voilà pourquoi nous faisons la guerre à tous les cultes et pourquoi nous en sommes les adversaires les plus acharnés.

 

Commentaires

  • Constat: Sous la Rome antique,sous la Royauté et l'église,sous la République représentative illuministe,le peuple est un troupeau. A la différence de cette dernière et de la géniale escroquerie intellectuelle mis en place,la constitution est écrite au nom du peuple et non par le peuple,le peuple a lui seul, a fomenté la révolution et mis à bas le tyran,il est souverrain. Le matraquage de l'éducation nationale,et le "rituel" de pensée participative du 14 juillet,continu à formater idéologiquement des le plus jeune âge les individus à l'universalisme républicain,étendu à l'heure actuelle aux 3/4 des pays du monde,là finalisation du grand oeuvre approche. Vous,tout comme m'a personne,ayant les clefs occultes de la compréhension du rituel alchimique et kabbaliste du 9/11,qui pour le grand public n'est que la date d'un terrible attentat . L'avènement Monal,l'effondrement organisé des infrastructures institutionnelles, la chrysalidation puis la transformation globale de l'ancien, en une nouvelle entité,Le Grand Monarque,on en parle?
    Vous avez mon adresse e.mail,je suis ouvert à tout débat,sur le fond comme sur la forme,mais je pense,peu être à tord,que mon invitation restera lettre morte.
    Bien à vous

  • J'ai revu sur LCP l'excellent téléfilm intitulé "La Séparation". J'ai cherché à en savoir un peu plus sur Maurice allard et je suis tombé sur votre site. Merci d'avoir retranscrit in extenso son discours à la Chambre. Si le souffle du tribun est puissant, on ne peut, en tant que républicain et progressiste, souscrire à certaines assertions. Allard est un journaliste, sa connaissance de l'histoire est fort limitée. Comment ose-t-il remercier les empereurs romains qui ont combattu de toutes leurs forces etc.etc. ? De quels empereurs s'agit-il ? Néron ? Domitien ? Caracalla ? Héliogabale ? Va-t-il nous faire gober qu'il vaut mieux une tyrannie qui bouffe du curé qu'une république laïque, ouverte et tolérante ? La Rome antique était une société cruelle, celle des esclaves des femmes qui ne pouvait même pas porter un nom de famille , de la violence domestique, des combats de gladiateurs et vae victis ! Regretter de tels tyrans est une imbécilité rétrograde. Heureusement, Maurice Allard rend tout de même hommage à Julien, qu'il ne connaît cependant que de nom, ou par son surnom qui a du lui plaire : Julien ("l'apostat" selon l'Eglise, le "philosophe" selon Voltaire) était plus grec que romain. C'est en grec qu'il a rédigé ses écrits et c'est, comme Socrate, par la dialectique qu'il aimait combattre ses adversaires et non en les envoyant se battre dans le cirque (qu'il réprouvait) ou en les faisant crucifier. Avant le Christ, il y a eu Spartacus. Il a fallu des siècles pour arriver à 1789. Marx voit dans le christianisme la première étape de la révolution sociale, l'esclave égal du maître (théoriquement du moins, car ce n'est pas gagné !). L'histoire est une continuité dont le christianisme est une étape. La France s'est construite progressivement. Et ce n'est pas terminé ! Quant à la Renaissance qu'Allard considère comme une rupture, elle est aussi continuité. La barbarie, la cruauté des supplices, n'a pas cessé avec les Borgia, les Medicis ou François Ier. Songeons au malheureux Dolet, libre-penseur brûlé en Place Maubert . A la séance de la Chambre, Briant s'est montré habile et brillant, Jaurès a montré son sens de la mesure et sa culture. Quant à Maurice Allard, bien qu'énonçant quelques idées fortes et souvent intéressantes, il déçoit par les carences dans sa culture historique. Comme homme de gauche, il est bien inférieur à Marx.
    Emporté par sa faconde Maurice Allard, plus journaleux que scientifique n'a pas fait dans la nuance. Sans doute n'avait-il jamais lu Renan ou Victor Duruy ...

  • Maurice Allard fait sans doute quelques raccourcis, c'est le jeu du débat parlementaire et de l'art oratoire, qui n'est pas le même que celui des dissertations savantes.

    Mais il me semble que vous en faites quelques uns aussi. Réduire la Rome antique à une société cruelle dirigée par des tyrans est injuste et partial. Le débonnaire Marc Aurèle ou Titus, bien qu'exerçant un pouvoir absolu n'étaient pas d'infâmes dictateurs (ou alors à ce compte, tous les dirigeants d'avant 1789 l'étaient. Il serait bien triste de penser ainsi, même si c'est à la mode). La société romaine était esclavagiste, mais c'est le cas d'à peu près toutes les sociétés contemporaines et postérieures jusqu'à des dates assez récentes. Quant aux femmes, parlons en, certaines, comme Julia Domna (qui avait bel et bien un nom, je vous rassure) ont quasiment co-dirigé l'Empire. Un peu de nuances, que diable... La Rome de l'antiquité n'est pas celle des peplums.

    Ce que dit Marx du christianisme est passionnant et en partie pertinent, mais incomplet. Réduire le christianisme à une révolte sociale, c'est avoir une lecture socio-économique d'un évènement qui reste avant tout un phénomène religieux (voir à ce sujet les excellentes remarques d'Henri Irénée Marrou, dans son livre sur la connaissance historique). C'est aussi plaquer l'inégalité sociale du 19ème siècle européen sur l'antiquité romaine, ce qui relève d'une erreur d'appréciation considérable (je vous invite d'ailleurs à vous renseigner sur le confort de vie dans l'Empire romain, certaines études récentes montrent qu'on y vivait mieux que dans la plupart des sociétés antérieures au 19 siècle)

    Voir dans le christianisme une étape de l'histoire, c'est une évidence. Y voir une étape nécessaire du développement de l'humanité, ça l'est beaucoup moins. Vous parliez de révolution sociale, mais à quoi mène une révolution qui fait dégringoler le niveau de vie, la culture, les sciences pour des siècles ? En quoi Tertullien, qui croit que la terre est plate parce que c'était l'avis des auteurs juifs, représente-t-il une étape fondamentale de la pensée, alors qu'on savait depuis des siècles à son époque que la terre est ronde ?

    Pour moi, le christianisme est l'évènement rétrograde par excellence, l'exemple même que l'humanité est capable de fantastiques régressions intellectuelles. Qui oserait dire que les rodomontades absurdes de certains auteurs chrétiens, que toute cette littérature miraculeuse, dont aujourd'hui, même parmi les chrétiens, on ne retient quasiment rien, représente un progrès à coté des dialogues de Platon, des poésies légères de l'Anthologie grecque ou d'Anacréon, ou des textes si détachés, si ironiques de Pétrone ou d'Aristophane ? Le christianisme, c'est le miracle qui a permis qu'entre Thucydide et Bossuet, c'est celui qui vit au Vème siècle avant notre ère qui est le plus rationnel dans ses analyses historiques, et celui du 17ème siècle de notre ère qui voit le bon dieu partout. C'est cela que dénonce Maurice Allard.

    Sur la Renaissance, votre réflexion me laisse perplexe. Invoquer les cruautés commises contre Etienne Dolet par les adversaire de la Renaissance humaniste pour relativiser celle-ci me semble pour le moins surprenant.

    Bref tout cela pour dire que je vous trouve un peu dur. L'inculture historique des journalistes est proverbiale, mais Maurice Allard, à coté des Bruno Roger Petit et autres contemporains, passerait presque pour un savant, en dépit de quelques raccourcis oratoires.

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